L’équilibre absolu

L’équilibre absolu

Le Musée départemental des Arts asiatiques de Nice présente, jusqu’au 1er février 2026, Sumō – L’équilibre absolu, première exposition organisée en France autour de ce sport de lutte japonais.

Plus de 150 œuvres retracent l’histoire du sumō, de l’époque d’Edo à nos jours, et racontent comment cette pratique ancestrale – savant mélange de technique, de rituels et d’intuition – est devenue un sport de haut niveau. Entre tradition et modernité, l’exposition interroge cette quête d’équilibre absolu qui guide toute la vie d’un lutteur, du premier entraînement à la consécration sur le dohyō.

Au programme : une myriade de photographies de Philippe Marinig, qui suit depuis 18 ans le quotidien des lutteurs dans les heya, ces maisons d’entraînement où ils vivent reclus, soumis à une discipline extrême. Ses images captent la dureté des entraînements à l’aube, la rigueur des gestes, mais aussi la vulnérabilité des corps au repos, les rituels partagés, la vie presque monastique des plus jeunes chargés des tâches domestiques. En contrepoint, 40 estampes et peintures de Daimon Kinoshita, maître de l’estampe et héritier du shin-hanga, réinventent avec poésie et éclat les icônes du sumō : couleurs vives, cadrages audacieux, portraits de champions mais aussi de lutteurs de rangs intermédiaires, jeunes espoirs ou étrangers intégrés à cet univers très codifié.

Le parcours s’ouvre sur les racines historiques et visuelles du sumō : estampes d’époque Edo, premières photographies de lutteurs mises en scène dans les studios de la fin du XIXe siècle, objets populaires et jouets illustrant la naissance du rikishi (lutteur) superstar. Au fil des salles, le visiteur découvre comment le sumō s’est imposé comme un puissant marqueur de l’identité japonaise, de l’ère Meiji à l’ère télévisuelle, où les grands champions deviennent des idoles nationales. 

L’exposition prend également une dimension diplomatique avec un hommage à Jacques Chirac, grand amateur de culture japonaise et passionné de sumō. Des cadeaux offerts au président de la République française sont présentés, en écho à un prêt du musée du Président Jacques Chirac à Sarran. Autre pièce phare : l’un des 10 exemplaires du vase Soulages, contextualisé pour la première fois en tant que trophée de sumō. À ces œuvres s’ajoutent des prêts prestigieux du Musée du quai Branly – Jacques Chirac, du Musée Saint-Remi, de l’Université Côte d’Azur et de collectionneurs privés, ainsi que le soutien de la Fondation Gandur pour l’Art (Genève).

Et pour prolonger l’expérience, le musée propose une programmation vivante et gratuite (ateliers d’origami, gravure, calligraphie, manga…) afin d’explorer la culture japonaise autrement.

Jusqu’au 1er fév, Musée départemental des arts asiatiques, Nice. Rens: maa.departement06.fr

photo : Philippe Marinig, Entraînement matinal à l’écurie Oguruma, Tōkyō, 2008, photographie © Philippe Marinig