Mais qui est donc Tifenn Pâris?

Mais qui est donc Tifenn Pâris?


Tifenn Pâris est une jeune artiste récemment diplômée de l’ESADTPM, l’école d’art toulonnaise, après avoir fait un détour par des études d’histoire de l’art et d’archéologie. Elle vient de remporter le prix DEJA, décerné par Les Rendez-vous du design et de l’art contemporain au dernier salon Paréidolie à Marseille, et a récemment participé au projet TROUBLE MAKERS à la galerie toulonnaise Contenus débordants. Elle expose actuellement à la Galerie de l’école à Toulon et au Fort Balaguier à La Seyne-sur-Mer.

Très active sur la scène artistique toulonnaise, Tifenn Pâris partage – avec d’autres jeunes artistes – depuis l’été 2025, l’atelier Calabrun, lieu de travail et « espace vivant » où elle a organisé sa première exposition-événement collective : Tous les feux finissent-ils par s’éteindre ?

La jeune femme développe un travail issu de ses introspections en lien avec la nature et les relations qu’elle entretient avec elle, exprimant l’idée d’une « auto-régénération » au contact du monde naturel, avec force et poésie. Convoquant la science autant que les mythes, la littérature autant que la philosophie, elle explore les problématiques du vivant et nos rapports aux formes de vie « autres », ainsi que les tensions entre « force et domination, prédation et symbiose, parasitisme et métamorphose« .

Elle s’est d’abord attachée au jardin, lieu « personnellement signifiant« , à la fois ambigu, espace de confinement et de solitude autant que rapport direct avec le réel et ce qui vit. Pensé comme un territoire d’expérience existentielle, le jardin devient pour elle un repaire extensible, un terrain en mutation où se rejouent les relations entre corps, matière, saison et soin. Complexe, luxuriant, cerné, petit et grand à la fois, il accueille une pensée de l’existant, non spectaculaire mais essentielle : transformation lente, fragilité, attention aux gestes minuscules. S’y engagent alors une temporalité longue, une pratique d’écoute et de cohabitation où le merveilleux côtoie le subtil. Ni décor ni motif, le jardin est le milieu, le partenaire silencieux de son cheminement, coauteur et témoin de sa transformation – « de l’enclore à l’éclore« .

Son travail prend la forme d’une enquête, « un récit poétique fragmenté » qui se développe de pièce en pièce : graphites recouverts de résine, fragments d’un portail voilé de latex, objets manufacturés empruntés à l’univers du jardin… L’ensemble compose peu à peu un écosystème qu’elle nomme des « installations-milieux« , où coexistent des objets de natures et de matérialités diverses. Travaillant la teinture végétale et utilisant la résine de pin, elle insuffle à ses pièces l’énergie de la matière naturelle, qu’elle met en relation avec d’autres éléments qui prennent sens, comme dans son installation Lavender.

Ses formes d’expression multiples – dessin, moulage, sérigraphie, vidéo… – lui permettent de créer à la fois des pièces autonomes et des display où la mise en espace devient partie intégrante de l’œuvre. (Apprendre à) respirer l’ombre, sa dernière installation, « mutante et soumise aux intempéries« , est visible actuellement dans les jardins du Fort Balaguier à La Seyne-sur-Mer, dans le cadre de l’exposition collective Regarder les Gorgones, associée au programme de recherche Bureau des PaySAGEs en Mouvements piloté par la chercheuse Valérie Michel-Fauré.

Au fond, chez Tifenn Pâris, le jardin – dans son sens large et iconique – n’est pas seulement le sujet : il est la méthode…

Droit au cœur, 5 au 30 déc, Galerie de l’école – ESADTPM, Toulon. Rens: esadtpm.fr
Regarder les Gorgones, jusqu’au 19 sep 2026, Fort Balaguier, La Seyne-sur-Mer. Rens: la-seyne.fr

photo : Tifenn Pâris, Empêcher le printemps © Dorian Aeply