Horizons insulaires

Horizons insulaires

C’est à nouveau à Nice que se tiendra le 5e festival GéoRegards, événement au croisement du cinéma et de la géographie. Cette année, focus sur les îles, ces bouts de terre aux horizons multiples et aux récits qui fascinent.

Trois jours durant, le festival GéoRegards abordera tour à tour les aspects et les enjeux que représentent ces territoires uniques, souvent nourris par l’imaginaire occidental, dans les magazines et la publicité. Au gré des représentations, l’espace insulaire se fait ainsi paradis perdu, une marge, un lieu de relégation, une rupture, une utopie, et reste toujours une terre particulière, aux cultures spécifiques et endogènes. Au-delà de l’environnement, les îles, ce sont aussi les peuples qui les habitent et leurs préoccupations géographiques, politiques et humaines : îles en voie de disparition, territoires confisqués ou appropriés, tensions politiques, migratoires et environnementales… autant de réalités que le festival met en lumière.

La programmation est multiple et parcourt le monde à travers cinq longs-métrages, parfois suivis de débats pour croiser les regards et explorer la diversité insulaire. L’édition s’ouvrira avec Still the Water de Naomi Kawase. Dans un archipel très isolé au sud-ouest du Japon, où les habitants vivent en harmonie avec la nature, Kaito découvre le corps d’un homme flottant dans la mer. Avec l’aide de sa jeune amie Kyoko, ils tenteront de percer le mystère et apprendront à devenir adultes, découvrant les cycles de la vie, de la mort et de l’amour.

En l’espace de deux jours, on naviguera de l’île de Beauté avec Les Apaches de Thierry de Peretti, un western corse aux allures de documentaire sur la face cachée du tourisme de masse, à Singapour avec Les Étendues Imaginaires de Yeo Siew Hua, en passant par les Orcades écossaises avec The Outrun de Nora Fingscheidt, qui suit une jeune femme en pleine guérison de son addiction, pour finir à Tahiti avec Pacifiction d’Albert Serra. Des séances scolaires, adaptées à chaque niveau, sont également proposées (Le Chant de la mer de Tomm Moore, Los Silencios de Beatriz Seigner, L’Île aux chiens de Wes Anderson) pour sensibiliser les plus jeunes aux problématiques et enjeux insulaires. 

Un beau programme complété par une table ronde, Les îliens et le cinéma ultramarin, animée par Marie-Laure Gache, géographe et présidente de l’association GéoRegards, en présence de Pauline Jézéquel, géographe. 

Depuis 2022, ce festival poursuit avec panache un dialogue entre cinéma et géographie en associant regards cinéphiles, regards géographiques et paroles d’acteurs locaux. Cette année, c’est Jean-Christophe Gay, agrégé de géographie et professeur des universités à l’IAE Nice, qui parrainera l’édition – dont le très beau visuel a été créé par l’artiste insulaire Rafael Pupo, originaire de Cuba.

20 au 22 mars, Cinéma Belmondo, Nice. Rens: georegards.com

photo : Outrun de Nora Fingscheidt © Métropole Films