25 Fév L’Étrangère, enquête sur un silence
Publié en 1946, L’Étrangerd’Albert Camus est un classique de la littérature, et une éternelle source d’inspiration. Pour son nouveau projet, le metteur en scène Jean-Baptiste Barbuscia adapte librement le roman phare du « maître de l’absurde » dans L’Étrangère.
« Parlons de Marie Cardona« , suggère Marie (Marion Barjot), une étudiante peu motivée, à son professeur de littérature (Fabrice Lebert), enseignant passionné mais un brin trop conventionnel. Ensemble, ils vont remonter la piste de cette histoire, du meurtre perpétré par son personnage principal, Meursault, avec une reconstitution sur le lieu du crime et, surtout, la voix de Marie Cardona, compagne du coupable. À partir d’une note trouvée dans un exemplaire de L’Étranger, Marie fait émerger sa contre-enquête, à la recherche de ce qui est demeuré sous silence, ouvrant ainsi un nouveau champ des possibles.
Dans cette pièce, il est avant tout question de rencontres : avec l’œuvre, bien sûr, mais aussi entre une élève et un professeur que tout semble opposer – une « relation » qu’a connue personnellement Jean-Baptiste Barbuscia, et qui lui a donné le goût des grands textes. Les deux personnages s’apprivoisent, prenant pour prétexte l’œuvre de Camus, mais choisissent surtout de la rejouer, de la reconstituer, de replacer chaque détail dans un nouveau contexte, de remettre en scène une œuvre que tout le monde croit connaître. La scénographie s’inspire des reconstitutions policières, affichant indices et fragments au mur, tandis que le jeu d’ombres et de lumières plonge la pièce dans une pénombre mystérieuse.
En plaçant le personnage féminin Marie Cardona au centre de la grande histoire de L’Étranger, il pointe également notre rapport aux chefs-d’œuvre et se demande pourquoi ces textes continuent de traverser les époques. Le metteur en scène l’affirme : ses projets posent toujours la question de l’absurdité du monde et de nos sociétés contemporaines. Pour cette nouvelle aventure, L’Étranger s’imposait comme un choix évident, tant l’absurde irrigue l’œuvre d’Albert Camus.
20 mars, Théâtre de la Cité, Nice. Rens: theatredelacite.fr
photo : L’Etrangère © Gilbert Scotti