25 Fév L’union fait la force
Saviez-vous que le poids de toutes les fourmis présentes sur Terre est plus élevé que celui de tous les humains peuplant la surface du globe ? C’est de ce constat que l’auteur David Paquet s’est inspiré pour cette comédie satirique qui en tire son titre : Le poids des fourmis, programmé fin mars, par Le Pôle – Arts en circulation.
Cette métaphore intéressante illustre à merveille la dernière création des québécois du Théâtre Bluff, qui met en scène un choc des générations, et dont le point de départ tient en un mot : résister. Car les « petites » fourmis pourraient bien faire basculer la balance de leur côté face aux « géants » humains – comprendre : nous, anonymes citoyens du monde, face à nos dirigeants planétaires. Mais que faut-il pour résister ? L’union !
Tout commence lorsqu’une école secondaire québécoise est classée parmi les pires du pays. Afin de redorer son blason et de faire croire aux jeunes qu’ils ont du pouvoir, le directeur et l’administration – une bande d’adultes blasés et défaitistes – décident de mettre en place une élection à l’occasion de ce qu’ils appellent la « Semaine du futur ». Arrivent alors Jeanne (Élisabeth Smith) et Olivier (Gabriel Szabo), deux étudiants désireux d’apporter du changement. L’une est révoltée et refuse d’intégrer le système, tandis que l’autre, écoanxieux avéré, se réfugie dans les livres. Mais le changement est-il si facile à initier face à un bloc d’adultes – au total une vingtaine, tous interprétés par Nathalie Claude et Gaétan Nadeau – résignés à un discours défaitiste ?
Une satire politique qui trempe dans l’humour noir, portée par des répliques percutantes. Le ton décalé est souligné par la mise en scène de Philippe Cyr et le travail de la scénographe Odile Gamache : aucune référence visuelle à l’école, mais un îlot, symbole de l’inertie qui frappe la population – ou plutôt l’ancienne génération. Un bassin de balles noires entoure cet îlot, évoquant une marée noire de pétrole dans laquelle les acteurs finiront par s’embourber. Une originalité absurde poussée jusque dans les costumes, faits de chemises hawaïennes et de Crocs.
On a là une comédie apocalyptique, mais pas pessimiste, qui met en lumière la réelle nécessité de s’unir pour lutter contre un destin catastrophique et encourage les générations à combattre ensemble, malgré leurs divergences d’opinions.
28 mars, Le Pôle – Arts en circulation, Le Revest-les-Eaux. Rens: le-pole.fr
photo : Le Poids Des Fourmis © Yanick Macdonald