25 Mar Le théâtre fait la cour aux enfants
La ville de Puget-sur-Argens programme 4 spectacles familiaux, entre le 4 et 29 avril, à l’occasion de son traditionnel Printemps Jeune Public, envisagé comme une porte d’entrée joyeuse vers le spectacle vivant.
Cette année, le fil rouge de cette édition a pour nom : Les Nomadesques, compagnie qui présentera trois des quatre rendez-vous à l’affiche. Fondée par une bande de copains fraîchement diplômés de leur école de théâtre, la troupe s’est imposée au fil des ans comme une référence d’un théâtre familial et accessible, sans renoncer à sacrifier l’exigence. Sa marque de fabrique : dépoussiérer les classiques, dynamiter les codes, et embarquer un public très large – des enfants aux grands-parents – dans des spectacles rythmés, inventifs et drôles. Une mission de « démocratisation » du théâtre qu’ils mènent à coups d’adaptations et de créations originales.
Parmi elles, Les sœurs Dalton (dès 6 ans) de Karine Tabet, qui ouvre ce Printemps Jeune Public. On y croise trois héroïnes, sœurs de vous savez qui, bien décidées à redorer le blason familial, dans un univers qui emprunte autant à la bande dessinée de Morris qu’au cinéma de Sergio Leone. Résultat : une avalanche de personnages, de décors mouvants et de bruitages façon cartoon, pour un spectacle qui défend allègrement son énergie burlesque et son humour grand public.
Autre terrain de jeu, autre classique revisité, autre texte de Karine Tabet : Le Chat botté (dès 4 ans), d’après l’œuvre de Charles Perrault. Ici, la célèbre fable devient un spectacle participatif, où la ruse du matou se double d’un travail sur le langage et les faux-semblants. Derrière la façade de fantaisie, la compagnie glisse quelques thématiques bien senties : justice sociale, apparence, imagination.
Mais le clou du programme, celui qui concentre toute la philosophie des Nomadesques, reste sans doute Tout Molière… ou presque ! Le principe est simple, mais extrêmement ambitieux : condenser l’œuvre intégrale de Molière en à peine un peu plus d’une heure. Sur scène, trois comédiens relèvent ce défi improbable en enchaînant les grands moments du répertoire : Tartuffe, L’Avare, Le Malade imaginaire, ou encore Les Fourberies de Scapin. Le spectacle joue sur le fil : entre respect des textes et irrévérence assumée. Forcément les situations s’enchaînent à toute vitesse, les ruptures de ton fusent, et l’ensemble prend des allures de marathon théâtral jubilatoire. Au-delà d’un humour omniprésent, c’est aussi une manière habile de faire découvrir aux plus jeunes (dès 7 ans) l’œuvre de ce cher Jean-Baptiste Poquelin, en le sortant du cadre scolaire pour le ramener du côté du jeu et du plaisir.
En contrepoint aux performances des Nomadesques, La pire des princesses (dès 4 ans), portée Le Poulailler – Théâtre de basse-cour, viendra bousculer les stéréotypes de genre des contes traditionnels. Une manière de rappeler une fois encore que le théâtre jeune public n’est en rien un théâtre mineur : il peut à la fois être ludique, irrévérencieux et intelligemment subversif.
Les sœurs Dalton, 4 avr • Le Chat botté, 15 avr • La pire des princesses, 22 avr • Tout Molière… ou presque !, 29 avr. Espace Culturel Victor Hugo, Puget-sur-Argens. Rens: pugetsurargens.fr
photo : Les soeurs Dalton © Cyril Bernard