25 Mar Transe électro
La Cie Mazelfreten s’est fait une place à part dans le paysage chorégraphique en mêlant influences urbaines et esthétiques électroniques. Avec Rave Lucid, présenté au Carré Sainte-Maxime, elle offre un hommage à la culture rave, à ses codes, à son énergie brute et à sa dimension collective.
Ah, la Tecktonik ! Ce phénomène qui a électrisé les dancefloors dans les années 2000, et qui semble faire son retour depuis quelques temps sur les réseaux grâce à une génération Z avide de redécouvrir une époque qu’elle n’a pas connue. Ce style de danse ultra-nerveux, graphique, pratiqué sur des sons électro chargés en bpm, réduite alors par les grands médias à une simple mode, et caricaturée à outrance, n’était pourtant que la partie visible d’une véritable culture underground née en France. Une culture qu’ont su s’approprier et magnifier Laura « Nala » Defretin, danseuse issue du milieu hip hop, et Brandon « Miel » Masele, autodidacte, champion du monde de danse électro en groupe et en solo. Le 26 Juillet 2024, plus d’un milliard de téléspectateurs découvraient leur travail, eux qui ont chorégraphié le mémorable tableau Obscurité de la cérémonie d’ouverture des JO de Paris 2024 !
Réunis au sein de la Cie Mazelfreten, créée en 2016, ils réutilisent aujourd’hui les codes et techniques de la danse électro afin de développer une écriture de groupe originale, avec une présence centrale donnée à la musique, ici composée par NikiT et Filles de minuit. Dans Rave Lucid, la danse électro devient une matière brute, transcendante, un dialogue entre rave et maîtrise technique, énergie incontrôlable et précision chirurgicale : « Il y a le côté club de la rave, et il y a le côté lucide, car l’électro est une danse de synchronisation, de chorégraphie, de contrôle« , indique Brandon Masele. D’où ce jeu de mots, qui sonne bien à nos oreilles françaises : rêve lucide…
Ce spectacle traduit l’essence de la culture rave en une performance physique où chaque geste semble répondre à une impulsion collective. La scénographie, minimaliste, mise sur les lumières et les effets stroboscopiques pour accentuer l’état de transe, tandis que la musique oscille entre beats frénétiques (120 bpm) et nappes électroniques planantes, jouant sur les contrastes pour faire monter la tension. Un véritable espace de liberté, de communion et d’exutoire !
11 avr, Carré Sainte-Maxime. Rens: carre-sainte-maxime.fr
photo : Rave Lucid © Jonathan Godson