02 Juin La rue comme partition
Dépêchez-vous ! Il ne reste que jusqu’au 7 juin 2026, pour découvrir le travail du street photographe niçois Jean-Flavien Piquemal, présenté à la Galerie municipale Lou Babazouk à Nice. Sous l’intitulé Seule issue la rue, l’exposition propose une immersion dans un univers urbain où la lumière, la couleur et le mouvement composent une écriture visuelle singulière.
Certains l’auront peut-être remarqué : le titre de l’exposition emprunte ses mots à un titre du Suprême NTM : Laisse pas trainer ton fils – morceau issu de l’excellent album éponyme sorti en 1998, qui contenait d’autres bombes comme Seine Sainte-Denis Style, That’s My People et bien sûr le banger My Benz. Une référence qui donne le ton ! Ici, la rue n’est pas seulement un décor, c’est un territoire d’expériences, de rencontres et de sensations. « Entre tension et quiétude, mes photographies capturent des fragments de réalité où la rue se révèle, tantôt éclatante, tantôt introspective », explique Jean-Flavien Piquemal. Loin d’une démarche documentaire, Jean-Flavien Piquemal revendique une approche sensible et intuitive. Son objectif n’est pas de raconter la ville telle qu’elle est, mais d’en extraire un rythme, une vibration. On peut même parler de musicalité, chose que l’artiste revendique : « Comme un musicien, je compose et je joue d’un instrument, mon appareil photo. Mes partitions s’écrivent dans le contraste de la lumière et des ombres, des couleurs et des regards saisis au vol. » Jeux d’ombres et de lumières, silhouettes fugaces, contrastes marqués et couleurs saturées façonnent des compositions qui forment un itinéraire urbain sans véritable but : le photographe parle lui-même d’« errance visuelle ».
Né à Nice, Jean-Flavien Piquemal entretient depuis l’enfance un rapport privilégié à la lumière méditerranéenne. Cette sensibilité irrigue l’ensemble de son travail. Influencé aussi bien par la peinture que par le cinéma, il développe une photographie où le réel devient matière plastique. La figure humaine y apparaît souvent fragmentée ou partiellement dissimulée, laissant place à l’interprétation et à l’imaginaire. Photographe cinéphile et mélomane, il arpente les villes comme autant de scènes, attentif aux détails qui échappent au regard ordinaire. Cette démarche lui a valu une reconnaissance internationale en 2024 avec l’obtention du Grand Prix du Leica International Street Photography Contest à Vienne pour son œuvre Psychic Sidekick (photo ci-dessous), puis du Prix de la Photographie de rue du magazine Photo en 2025.

23 mai au 7 juin, Galerie Lou Babazouk, Nice. Rens: Insta @jfpiquemal
photo Une : Jumeaux © Jean-Flavien Piquemal