Au Théâtre de Grasse, c’est poulpe fiction !

Au Théâtre de Grasse, c’est poulpe fiction !

Quels artistes vont vous marquer, vous faire rêver, vous émouvoir et vous questionner lors de la saison 2026-2027 du Théâtre de Grasse ? Réponse avec une programmation à l’image du poulpe illustrant le programme du lieu : huit bras, neuf cerveaux et trois cœurs. Soit 40 spectacles (théâtre, danse, musique, cirque, magie, opéra et humour) venus d’Espagne, de Belgique, du Maroc, de La Guinée, de l’Italie ou encore d’Haïti !

Un poulpe ? « La figure de cette nouvelle saison : huit bras pour explorer, neuf cerveaux pour imaginer et trois cœurs pour ressentir. » Ainsi est résumé par Emmanuelle Bourret, directrice du Théâtre de Grasse (TDG), le projet de la nouvelle saison. La grande intelligence de ce fameux céphalopode n’est – presque – plus à démontrer, sa vision exemplaire non plus. Le choisir comme emblème donne le ton d’une programmation riche en surprises, et écrite avec une encre toute particulière ! Pas moins de 40 spectacles sont proposés, dont 17 à voir en famille, 9 coproductions et 11 présentés hors les murs – à Auribeau-sur-Siagne, Pégomas, Peymeinade ou encore Séranon… Zoom sur quelques-unes de ces propositions.

Un bras pour la création

Sur les 14 créations attendues, 3 le seront au TDG, jouées pour la première fois en public : Mille voix, Une ville imaginé par Lamine Diagne et le Collectif Kay, Ce que j’appelle oubli de la Cie Il va sans dire, et Ludwig Van… de la Cie Vivant!e

Musique live, improvisations, danse, rap, slam, graffiti… sont au programme de Mille Voix, Une ville, performance d’ouverture de saison plurielle, gratuite et ouverte à tous. 16 comédiens, rappeurs, slameurs, musiciens et danseurs vont investir le parvis de la Médiathèque Charles Nègre. Aux côtés de ces artistes, chacun sera invité à participer à une création collective. Autre création, également offerte : Ce que j’appelle oubli de la Cie Il va sans dire, sur un texte de Laurent Mauvignier, prix Goncourt 2025. Un binôme guitare-voix pour un remarquable plaidoyer contre l’absurdité et la violence (à partir de 13 ans). Un récit également interprété à Mouans-Sartoux, dans le cadre du Festival du livre en octobre.

Un bras pour la magie

Dans le spectacle À vue, la Cie 32 novembre propose de la magie performative, durant six tableaux, qui mêlent théâtre, arts plastiques, effets poétiques et cirque. Vous y admirerez les vice-champions du monde de magie, Maxime Delforges et Jérôme Helfenstein. Dans Face-à-face, c’est le mentaliste Matthieu Villattelle qui vous surprendra.

Un bras pour la musique

La célébrissime Carmen est cette fois adaptée par Jeanne Desoubeaux, en plein air, et sur trois lieux successifs, avec 10 comédiens, chanteurs et instrumentistes. Vous aimez le jazz et les musiques de Méditerranée ? Vous serez en compagnie du Kami Octet et du grand percussionniste Karim Ziad. Et côté musique métissée, la franco-canadienne Mélissa Laveaux devrait vous séduire avec ses chants-sortilèges, folk, rock, électro, teintés d’influences haïtiennes. À la croisée de la chanson, du rock et de l’électro élégante, demandez le chanteur poète et acteur Bertrand Belin et son 8e album Watt. Enfin, Vincent Dedienne présentera Un lendemain soir de gala, naviguant entre théâtre, humour et chanson. 

Un bras pour l’humour

Découvert par le grand public comme humoriste sur France inter dans l’émission Zoom Zoom Zen, Jessé a fait du chemin. Son Message personnel est un seul en scène plein d’espoir contre la bêtise et la brutalité, caustique et tendre. Dans Le Problème Lapin, cartographie 7, l’ex-géographe Frédéric Ferrer, livrera quant à lui une conférence-spectacle décalée et engagée sur l’homme et son rapport avec la nature. 

Un bras pour la justice

Le TDG fait dialoguer justice et théâtre. Basile Ader, avocat au barreau de Paris, et son épouse Sophie Ader, ont choisi d’évoquer trois grandes affaires judiciaires. Entre théâtre et reconstitution historique, ces pièces redonnent vie à de grands moments de l’histoire républicaine : Le Procès de Bobigny (1972), la lutte pour le droit à l’avortement, Le Procès Manouchian, dit de l’Affiche rouge (1944), ou la mémoire de la Résistance, et Le Procès de Marie-Antoinette (1793), ou la chute de la monarchie. Prolongement de ces procès, un nouveau festival va d’ailleurs voir le jour : Justice en Scènes, du 19 au 21 novembre, qui mêlera représentations théâtrales, débats, projections documentaires, expositions photographiques, salon du livre judiciaires et défilé de robes d’avocats du monde entier. 

Un bras pour la danse

Grasse accueillera le nouveau spectacle de la danseuse et chorégraphe prodige Leïla Ka. Avec Lullaby Shot, la sœur de la talentueuse chanteuse autrice-compositrice Zaho de Sagazan fait jaillir l’énergie pure. Après l’énergie, l’humour, avec Suspended Chorus de Sylvia Gribaudi. Se servant de son âge et de son propre corps rebondi pour changer les regards, la danseuse et chorégraphe italienne de 52 ans dialogue avec le public, en toute liberté. Un focus sur le danseur et chorégraphe espagnol de flamenco Israel Galván sera également proposé avec Israel et Mohamed, dans une collaboration avec le dramaturge Mohamed El Katib, et La Edad de Oro.

Un bras pour le cirque

Les spectacles circassiens à l’affiche mettront à l’honneur les créateurs les plus reconnus de la scène actuelle. Le Circus Baobab, qui se taille la part du lion depuis quelques années sur la scène internationale, présentera Yongoyély (traduisez L’exciseuse) : la troupe rend ici hommage aux femmes africaines, à leur courage, à leur indépendance et à leur résilience. En immersion dans les rues guinéennes de Conakry, 9 acrobates, 6 femmes et 3 hommes, livrent une performance virtuose et engagée. Autre exemple de choix, Le Bonheur clandestin d’Alice Rende, la très prometteuse contorsionniste, et un peu fakir, italo-brésilienne.

Un bras pour le théâtre

Auteurs classiques ou auteurs contemporains ? Vous n’aurez pas à choisir, le TDG vous offre les deux. Molière, Tchekhov, George Sand ou Jack London d’un côté, Grégoire Solotareff, Fabrice Melquiot, ou Eve Pereur de l’autre. Côté comédiens, que du beau et talentueux monde également : Ariane Ascaride dans Nous le Red Star, Charles Berling dans Les Résistantes, François Morel dans L’École des femmes, mais aussi des petits nouveaux comme Jeanne Candel et son jubilatoire Fusées, qui narre les aventures galactiques de deux cosmonautes égarés dans l’univers.

Pour trouver votre bonheur, regardez le programme de près et… suivez le poulpe !

Rens:  theatredegrasse.com

photo : Mille Voix, Une Ville © Anne Volery-Palais de la Porte Dorée