26 Juin Entre ciel et mer, un festival suspendu
Les solistes les plus prestigieux sont venus se confronter à ce site incomparable du parvis de la basilique de Menton et à son public exigeant. Le Festival de Musique de Menton, l’un des plus anciens et des plus réputés d’Europe, raconte une belle histoire de fidélité et de rencontres. Rendez-vous du 25 juillet au 7 août pour sa 77e édition.
Son décor inspirant, surplombant la mer, est l’image emblématique du festival. C’est d’ailleurs lui qui présida à la décision de son créateur, André Böröcz, lorsqu’il découvrit, durant l’été 1949, le parvis de la basilique Saint-Michel, niché au cœur du centre historique et offrant une vue imprenable sur la Méditerranée. D’un poste de radio s’échappaient alors des notes de Bach. Saisi par cet instant irréel, il décida de le faire revivre en créant le Festival de Musique de Menton, où se succéderaient bientôt les plus grands virtuoses.
L’édition 2026 ne déroge pas à la tradition mais, « toute légende, pour demeurer, a besoin de se revivifier, de se prolonger, de se réinventer. Et c’est ce chemin-là, toujours fait de passion, qu’emprunte ce Festival parmi les plus anciens d’Europe« , souligne son directeur artistique Paul-Emmanuel Thomas.
Au cœur battant de la manifestation, les concerts du Parvis de la basilique, à 20 h, s’ouvriront avec l’Orchestre Philharmonique de Nice dirigé par Lionel Bringuier, accompagnant le violoncelliste Gautier Capuçon dans le Concerto pour violoncelle n° 1 de Saint-Saëns.
Suivra une belle pléiade d’artistes révélant toute la diversité d’une programmation qui ne se limite pas au seul répertoire classique. Parmi eux, The Amazing Keystone Big Band dans un programme consacré à George et Ira Gershwin ; l’Ensemble I Gemelli avec le ténor Emiliano Gonzalez Toro et le contre-ténor Maximiliano Danta, dont la Grande Battle, duel vocal baroque, avait déjà enthousiasmé le public du Printemps des Arts de Monte-Carlo ; ou encore le luthiste Thomas Dunford, son Ensemble Jupiter et le violoncelliste Nicolas Altstaedt, réunis autour de Vivaldi.
Que serait ce festival sans ses grandes figures ? Le charismatique Fazıl Say, découvert à Menton par André Böröcz, y revient avec les sublimes Variations Goldberg de Bach, ainsi que plusieurs de ses propres compositions. Pour lui, la musique est porteuse de messages ; ses concerts sont autant d’appels à la paix que de célébrations de la nature. Venu très jeune soliste à Menton, le célébrissime Alexandre Kantorow est ici en terrain familier : Bach, Liszt, Medtner, Chopin et Beethoven seront ses mentors. Enfin, pour la 1e fois, le festival accueillera le violoniste grec Leonidas Kavakos, accompagné de son fidèle complice Enrico Pace au piano.
L’un des atouts majeurs de Menton réside également dans ses « concerts de 18h », proposés au Salon de Grande-Bretagne du Palais de l’Europe. Ils permettent de découvrir de jeunes talents, comme les frères Ispir, dont le violoncelliste Léo Ispir a été nommé Révélation aux Victoires de la Musique Classique 2026, mais aussi des formats originaux – Concertos, scène ouverte aux jeunes pianistes – et des propositions audacieuses. Ainsi, le Duo Jatekok donnera une version à quatre mains de la monumentale Sonate en si mineur de Liszt.
Enfin, en pré-ouverture et en entrée libre, avis aux néophytes comme aux mélomanes : l’Ensemble Spark investira l’esplanade des Sablettes avec son programme De Bach aux Beatles, une passerelle réjouissante entre les siècles et les styles. Preuve qu’à Menton, le festival sait s’adresser à tous les publics.
25 juil > 7 aou, Parvis de la Basilique & lieux divers, Menton. Rens: festival-musique-menton.fr
photo : Festival de Musique de Menton © DR