26 Juin Gilles Boudot : les images disponibles
Gilles Boudot construit depuis longtemps une œuvre photographique singulière et sophistiquée à partir de protocoles rigoureux, de moyens modestes, d’objets ordinaires et, plus récemment, de figures humaines. Une œuvre exposée à la Maison du Cygne, à Six-Fours, du 4 juillet au 13 septembre.
Invité par Gilles Altiéri, ex-directeur et fondateur de l’Hôtel des Arts désormais conseiller artistique de la Maison du Cygne, Gilles Boudot présente un ensemble qui se découvre comme un cheminement : un Oratoire accompagné de 10 portraits, la série 20 secondes et plusieurs Phénomènes simples. Trois suites qui explorent, chacune à leur manière, les conditions de l’apparition. Sa formule « recherche de lumière depuis l’obscurité » traverse toute l’exposition. Dans ces photographies où les noirs dominent et où les gris se déploient dans une gamme subtile, le blanc est presque absent, comme si les images demeuraient au seuil de leur propre révélation.
Dans l’Oratoire, des objets familiers semblent investis d’une présence nouvelle. Évoquant les pratiques populaires de recueillement, ces « reliques inventées » se jouent de notre regard. Les 10 portraits qui l’accompagnent prolongent ce trouble : les figures surgissent sans jamais vraiment se livrer. Avec les Phénomènes simples, Gilles Boudot convoque des ustensiles domestiques, des objets ou des tissus dans de petites expériences où observation scientifique, poésie et humour en filigrane se rencontrent. 20 secondes constitue enfin le volet le plus récent de cette recherche et le cœur du parcours. Réalisées à l’aide d’un dispositif inspiré du sténopé, ces 239 photographies enregistrent vingt secondes de présence humaine. Un temps suffisamment long pour que les corps oscillent, échappant à la fixité du portrait. Les visages se dissolvent, les contours vacillent, l’identité devient plus qu’incertaine. Reste une présence, comme sédimentée dans l’image. Quelque chose s’y dérobe toujours, au regard comme à l’entendement.
Gilles Boudot nous invite alors à flâner d’une photographie à l’autre, à suspendre son jugement et à demeurer attentif à l’émergence du poétique et du merveilleux ; peut-être parce que ce qui nous est offert n’est jamais que la part disponible de l’image.
4 juil >13 sep (vernissage 3 juil 18h), Maison du Cygne, Six-Fours-les-Plages. Rens: sixfourscarredarts.fr
photo : Portrait © Gilles Boudot