26 Juin S’échapper du réel, ça vous tente ?
La saison 2026-2027 présentée par Bertrand Rossi, directeur de l’Opéra de Nice, s’annonce comme une fort belle échappée qui emmènera le public dans une ronde de spectacles (très) vivants, mêlant grands classiques revisités et créations inédites. Une programmation s’adressant à tous, avec deux festivals en ouverture et en clôture de saison qui devraient séduire de nombreux jeunes, le public de demain !
La charte graphique de cette saison, inspirée du surréalisme, est une invitation à basculer dans l’imaginaire, la poésie et la beauté. Une respiration qui tombe à pic par les temps qui courent… Cette saison donc, vive les philtres d’amour, les veuves joyeuses, les chevaliers fous, les terriers de lapin et les princes charmants !
Un programme lyrique flamboyant
On démarre fort avec un chef-d’œuvre emblématique du répertoire baroque jamais joué à Nice : Orlando de Haendel. L’histoire d’un amour qui rend fou avant d’être sauvé par un filtre d’oubli. Épique, humaine, une tragédie heureuse : c’est rare ! L’ouvrage sera dirigé par Jean-Christophe Spinosi dans une mise en scène ingénieuse de Mariame Clément.
Après le drame, place à un tube de l’opérette viennoise : La Veuve joyeuse de Lehár. Mise en scène par Benoît Benichou, cette version entièrement revisitée débordera de la scène pour investir le parvis, les couloirs, les escaliers et le foyer, avec interventions musicales et apparitions inattendues. Du grand spectacle.
En novembre, double événement : Tristan et Isolde de Wagner, sommet absolu du drame romantique, n’était pas revenu à l’Opéra de Nice depuis 15 ans. Le cinéaste niçois Bertrand Bonello, passionné de musique, signera sa première mise en scène d’opéra dans cette maison qu’il connaît bien, sa mère y ayant travaillé. Il apportera sa lecture très cinématographique et personnelle du mythe ; des images seront tournées en amont comme un véritable film dramaturgique.
Un inédit féérique suivra avec Alice au pays des merveilles, première française de l’œuvre de la Coréenne Unsuk Chin, mise en scène par Antoine Gindt. Entre rêve, absurde et vertige, cet opéra foisonne d’inventivité, à l’image du Wonderland de Lewis Carroll, et pourrait bien constituer l’une des révélations de la saison.
Premier grand succès de Puccini, Manon Lescaut verra la soprano niçoise Camille Schnoor dans le rôle-titre. L’inventif Olivier Mears mettra en scène les méandres du désir dans notre monde moderne et les rapports hommes-femmes. Prometteur. C’est justement une femme, Ariane Matiakh, qui dirigera l’orchestre, fait encore assez rare pour être souligné !
Enfin, Pagliacci de Leoncavallo, œuvre phare du vérisme, sera transposé dans un hôpital psychiatrique par le duo de metteurs en scène Le Lab. Toute la violence des passions humaines dans un drame aussi intense que bouleversant.
Un ballet en pleine expansion
Le chorégraphe et danseur Pontus Lindberg avait annoncé à son arrivée, en décembre 2024, son ambition de créer une véritable compagnie de ballet. Cette saison devrait être à la hauteur de ses vœux avec des chorégraphes de renom : Jean-Christophe Maillot avec l’entrée au répertoire de son Opus 40, et Ioannis Mandafounis (création mondiale) en octobre, puis la reprise du chef-d’œuvre Loin de Sidi Larbi Cherkaoui en mars et avril, accompagnée d’une création visuelle inventive du Brésilien Fernando Melo.
S’y ajoutera une nouvelle création de Pontus Lindberg autour du grand classique La Belle au bois dormant, qui emmènera le public dans un univers féerique et intemporel, parfaitement adapté aux fêtes de fin d’année.
Les grands concerts
Sept concerts symphoniques de l’Orchestre Philharmonique de Nice seront programmés, dont trois dirigés par le chef honoraire Lionel Bringuier. À l’affiche, des solistes de renommée internationale tels que la violoniste Sayaka Shoji pour Brahms et Chostakovitch lors du concert d’ouverture, le violoncelliste Victor Julien-Laferrière en novembre, le pianiste Dmitry Ishkhanov en février, ou encore le Trio Wanderer en juin.
Et en 2027, bicentenaire de la disparition de Beethoven oblige, Lionel Bringuier clôturera la saison avec la monumentale Neuvième Symphonie, qui s’achève sur la cultissime Ode à la joie. Un message final de paix et d’optimisme ?
Les jeunes plus que jamais à l’honneur
Depuis son arrivée à la tête de la maison niçoise, Bertrand Rossi a mené une petite révolution en douceur afin d’attirer et d’élargir un auditoire de toutes les générations. Résultat : une fréquentation en hausse constante et une maison dépoussiérée.
Afterworks jazz à la cave Bianchi, escape games, conférences, Dîners sur scène, Veglione du Carnaval : une attention particulière est portée aux jeunes. Étudiants invités à réviser dans les couloirs de l’institution pendant les répétitions, garderie artistique et Viens avec ton doudou pour les tout-petits, également conviés aux Goûters sur scène depuis janvier 2026.
Parmi les nouveautés marquantes : un Festival Cosplay inédit le 5 septembre, mêlant concerts, ateliers et conférences autour de cette culture venue du Japon qui consiste à incarner des personnages de fiction ; un Stand-Up Opéra en novembre consacré à la nouvelle génération d’humoristes ; Circo ! de Sergio Monterisi et Magali Thomas, spectacle participatif avec les élèves des écoles et collèges de Nice qui transformera l’opéra en chapiteau ouvrant une porte sur l’imaginaire ; enfin, Ton premier festival en juin, 1e édition conçue comme un grand moment de partage : cinq jours de fête avec spectacles dès l’âge de 3 mois, musique, danse, scènes ouvertes, ateliers participatifs, chorale géante et même une boum avec DJ set.
Rens: opera-nice.org
photo : Visuel de saison de l’Opéra de Nice © Agence COMBACK