Le vivant au cœur de L’Été Contemporain

Le vivant au cœur de L’Été Contemporain

L’un des plus anciens rendez-vous d’art contemporain de France, avec plus de 370 expositions à son actif, revient du 4 juillet au 12 septembre : L’Été Contemporain réunit cette année huit artistes d’ici et d’ailleurs autour d’un dialogue entre l’humain, le végétal et les animaux.

C’est en compagnie d’une brochette d’artistes invités cette saison que Fabrice d’Agosta Bracquart, responsable de l’unité Art contemporain et de l’Artothèque à la DPVa, a présenté au public la 34e édition de L’Été Contemporain, dans la fraicheur bienvenue de la Chapelle du Bon Pasteur. Et ce qui frappe dès notre entrée, c’est la grande installation permanente de l’artiste Juli About, placée dans le chœur de la chapelle jouxtant le Musée des Arts et Traditions Populaires. Alors que l’édifice avait perdu tout signe liturgique lors de sa récupération par la ville, l’artiste y réintroduit une sorte de dimension sacrée et poétique. Tout s’articule autour d’un cœur en porcelaine, créé spécialement pour être déposé sur l’autel afin de remplacer la croix d’origine. À cette œuvre, qui évoque la forme d’une croix, s’ajoutent de petites créations symbolisant un rosaire, et une autre représentant une racine de mandragore. À travers cette symbolique, Juli About a souhaité aborder la figure des sorcières et questionner la place de la femme dans la chrétienté. Vaste débat ! 

Présente lors du vernissage, Hélène Lacquement, formée à la biologie cellulaire, a évoqué son bestiaire d’insectes en papier recyclé sculptés à la main, inspiré par la nostalgie d’un monde vivant qui s’efface. Parmi eux, de grands papillons très réalistes, dont les ailes, nous a-t-elle indiqué, ont été en partie composées avec des pages de cahiers d’écoliers – on distingue en filigrane l’écriture des minots. Ses créations répondent aux estampes et gravures à la pointe sèche de Didier Hamey. « C’est une technique que j’aime particulièrement parce qu’il n’y a pas de repentir possible, de retour en arrière« , explique-t-il. Un travail extrêmement précis qui s’inscrit dans la durée : entre le début et la fin d’une gravure, il peut s’écouler plusieurs mois, voire plusieurs années – environ 3 ans pour l’une des œuvres présentées, très noire, sur le thème des carnavals basques, qui met en scène des créatures qu’il appelle Les bonhommes. Les peintures de Denis Santelli complètent ce triptyque en interrogeant les mutations du vivant à l’ère technologique.

Parcours artistique… et chasse au trésor !

Le concept de L’Été Contemporain – dont l’affiche a spécialement été créé par Éléonore Dadoit Cousin – étant de composer un parcours artistique, c’est au Pôle culturel Chabran que l’on retrouve les œuvres de trois autres artistes : Gaëlle Thuayre, venue de Brest (en voiture non climatisée !) pour la 3e fois, a investi le Cabinet de curiosité avec une micro-muséographie décalée et drôle. À l’Espace Papiers, Delphine Vaute déploie un univers graphique dense à la mine de plomb, mêlant humains et plantes avec une touche d’humour noir. Tandis que le hall du Conservatoire accueille les peintures colorées de Véronique Pilarek, artiste autodidacte et locale de l’étape, dont les silhouettes célèbrent la solidarité et l’entraide.

Un parcours qui se prolonge au Musée des Arts et Traditions Populaires, où 23 œuvres contemporaines sont disséminées tout au long de l’année au sein des vitrines permanentes, créant un pont entre création actuelle et objets ethnographiques. On y retrouve des œuvres de Richard Roux, Véronique Dominici, Michèle Mascherpa, Betsy Eeckhout, Céline Sassatelli, ou encore Patrick Moya.

Ces deux derniers avaient d’ailleurs animé les deux premières chasses au trésor de L’Été Contemporain. Avec succès ! Voilà pourquoi, cette année, Fabrice D’Agosto Bracquart a confié à Juli About le soin de créer quatre galets en céramique – représentant forcément des cœurs – qui ont été dispersés dans la ville. Des objets à retrouver grâce à des indices diffusés tout au long de l’été sur le compte Instagram @artodraguignan. L’enjeu ? Pour chaque galet découvert, une œuvre originale de l’artiste offerte. Une manière ludique de relier art, jeu et découverte du patrimoine dracénois.

4 juil > 12 sep, Chapelle du Bon Pasteur, Pôle Culturel Chabran, Musée des Arts et Traditions Populaires, Draguignan. Rens: culture.dracenie.com

photo : Vue de l’exposition, coeurs de Juli About © Valentine Coste – DPVa