20 Juil Tribal Fest : 20 ans et toujours la rage
Vingt-cinq ans pour l’association Tribal Roch, vingt éditions pour le Tribal Fest : le 22 août, le parc Daudet de Peymeinade fêtera ce double anniversaire avec six groupes et une tête d’affiche qui n’a jamais appris à baisser le ton : Lofofora.
Formé en 1989 autour de l’emblématique chanteur Reuno et du bassiste Phil Curty, seuls membres originels encore actifs, Lofofora est un ovni de la scène alternative française, pionnier d’un rock-fusion burné, mâtiné de colère politique. « Les puristes du métal disent qu’on n’en fait pas, ceux du punk non plus. Mais on s’en fout : j’ai toujours emmerdé les puristes ! » Merci Reuno… Quelle qu’en soit la forme, au moins le message est clair : pas de barrières, tout le monde est bienvenu.
Le groupe tire son nom du Lophophora williamsii, bien plus connu sous celui de peyotl. Ce célèbre cactus aux propriétés psychoactives possède, selon certaines tribus amérindiennes, des propriétés curatives pour lutter contre nombre de maux. Ceux contre lesquels Lofo a entamé sa croisade, il y a près de quatre décennies, sont nettement plus pernicieux, puisqu’ils touchent l’essentiel de la population et sont causés par seulement 1% d’entre elle : à savoir les ultra-riches, auxquels il convient d’ajouter un certain nombre de criminels en cols blancs, que d’aucuns nommeront les politiques. Parce que chez Lofo, l’effet recherché tient moins du voyage psychotrope que de l’électrochoc intellectuel : ses chansons s’attaquent aux injustices sociales, au racisme, aux guerres, à l’extrême droite et aux petits arrangements des puissants. Il a de quoi faire, la matière étant hélas inépuisable…
Sur Cœur de cible, 11e album paru en 2024, Reuno ouvrait le single La Machette par un très explicite « J’suis encore fâché !« . Car avec cette bande-là, les riffs ne servent pas d’ornements, mais de caisse de résonance. Une constance qui n’empêche ni évolution ni regard dans le rétro : après Lofofora et Le Fond et la Forme, remasterisés en 2022, le groupe vient de remettre en lumière Les Choses qui nous dérangent et Mémoire de singes, deux albums emblématiques du milieu des années 2000. Des titres comme L’œuf, Alarme citoyen, Buvez du cul, ou Torture enregistré avec King Ju de Stupeflip, rappellent combien Lofofora sait conjuguer puissance, ironie et urgence. Et sur scène, le quatuor reste fidèle à sa formule : la révolte n’exclut jamais le plaisir collectif !
Autour de cette tête d’affiche, le Tribal Fest jouera la carte du grand écart électrique. Parmi les invité·es, deux groupes 100% féminins, et ça fait plaisir : le trio Grandma’s Ashes, très attendu au prochain Rock en Seine, dont la musique évolue quelque part entre stoner rock sombre et alternative goth rock habité, tandis que les quatre musiciennes de Fallen Lillies promettent une bonne dose de disto et une énergie sans fioriture, dans le sillage de Joan Jett, Girlschool ou Crucified Barbara. On retrouvera aussi V8 Wankers et son hard rock old school nourri d’AC/DC, Rose Tattoo et Motörhead, Underground Therapy, déjà remarqué au festival en 2022 avec son mélange de rock psychédélique et de métal des années 1990, puis Nemesia, groupe issu de l’association Tribal Roch, qui aura l’honneur d’ouvrir cette édition anniversaire. Une manière de relier les racines et la relève, fidèle à l’esprit d’un festival qui, depuis 20 éditions, préfère les amplis aux discours commémoratifs. « Sonnez l’alarme citoyens, sortez-vous les doigts du fion« … et rendez-vous dès 17h au parc Daudet, le 22 août !
22 aou, Parc Daudet, Peymeinade. Rens: FB TribalRochAsso
photo : Lofofora © Anthea Photography