09 Sep Dérives photographiques
Année après année, le festival L’Image_Satellite se renouvelle, explore de nouvelles directions et de nouvelles formes contemporaines de la photographie en proposant une réflexion sur les territoires comme espaces de lutte. Sa nouvelle édition inaugurera la 5e saison de L’Automne de l’Image, le 19 septembre au 109 – Pôle de cultures contemporaines à Nice.
Pour cette édition 2026, le festival aura pour thématique Dériver encore – thème beckettien au possible. Ou comment donner à voir, par le truchement de la photographie, l’aspect mouvant de l’existence, son impermanence, ce que l’on sait et ce que l’on devine, le visible et l’invisible, et révéler les tensions qui traversent nos manières d’habiter le monde.
Du 19 septembre au 10 octobre, le festival présentera comme à l’accoutumée une exposition collective, celle-ci construite en écho aux travaux d’Edgar Tom Owino Stockton, l’artiste britannique accueilli dans le cadre du Laboratoire Satellite. Il explorera les relations entre territoires, circulations et systèmes de pouvoir dans un travail au long cours mêlant enquête, photographie et analyse critique. Un travail poétiquement nommé Faire lieu autrement. En réponse chorale à l’action de l’artiste anglais se présentent 7 artistes déclinant au travers de leurs œuvres le Dériver encore thématique. Parmi eux, De Mon rêve de gamin de Florence Cuschieri, traitant de jeunes mineurs isolés à Paris, dans ces espaces d’attente où l’enfance, l’exil et la ville se rencontrent, à Sous terre / Feu Stalinstadt / Bassines, outardes, grenades ou Antoine Lecharny, réunion de trois projets distincts relevant d’un même travail mémoriel consistant autant à chercher dans les paysages et dans les têtes les traces des violences de l’Histoire qu’à sonder leur absence ou leur effacement. Véronique Besnard, Rebekka Deubner, Aida Lechugo, Nina Medioni et Marcel Top complètent cette constellation de regards qui abordent le territoire comme un espace de relations, de tensions et de doutes. Les interprétations du thème sont variées et protéiformes, chacune ayant leur identité propre et autorisant le spectateur à embrasser le sujet sous de multiples points de vue.
La sortie de résidence de Louisa Ben pour le projet Yelli sera présentée à cette occasion, soit un récit photographique centré sur le quotidien d’étudiantes nord-africaines au prisme de l’intimité. Le Prix Satellite 2025 se verra quant à lui exposé en la Galerie du Musée de la Photographie Charles Nègre, du 26 septembre au 8 novembre : Youqine Lefèvre y présentera Lone Islands, travail réalisé notamment à Tokyo, Kyushu ou encore Kyoto, interrogeant les causes et les conséquences du bas taux de natalité observé au Japon. Le programme est riche et chargé, alors rendez-vous aux vernissages – le 19 septembre au 109 de 13h à 22, et le 25 septembre à 18h30 pour le Prix Satellite – pour rencontrer et découvrir les artistes et leurs œuvres. Une ouverture de festival qui accueillera par ailleurs le salon d’éditions CARTA #3, avec stands éditeurs, rencontres, performances et projections sous le commissariat du Collectif Super Issue et de la revue photographique franco-italienne The Light Observer.
19 sep > 10 oct 2026, Le 109 – Pôle de cultures contemporaines, Nice. Rens: sept-off.org
photo : © Florence Cuschieri