09 Sep Pour en finir avec le football… ou presque
Peut-on à la fois aimer le football et le théâtre ? Clément Bresson donne des éléments de réponses dans un seul-en-scène qui ouvre la 1e saison de La Stella à La Trinité.
Certes, la question peut sembler incongrue, tant les deux univers semblent a priori totalement opposés. Pourtant, il suffit de regarder du côté de quelques artistes pour constater que le ballon rond n’a jamais été incompatible avec la Culture : Albert Camus fut gardien de but, Pier Paolo Pasolini un passionné du calcio, Nicolas de Staël trouva dans un match France-Suède au Parc des Princes la matière d’une série de peintures … Plus récemment, le documentaire C’est pas grave d’aimer le football !, réalisé par Laurent Kouchner et raconté par Hervé Mathoux, posait cette question : que voient dans un match les intellectuels et artistes ? Une manière de rappeler que le foot peut aussi être affaire de culture, de poésie, de collectif et même de pensée – on parle ici du sport, pas de son business nauséabond… Le comédien Denis Podalydès rappelait notamment que le football peut aussi être un passeport social, un langage commun.
C’est dans cet esprit que La Stella invite à découvrir Pour en finir avec le football, seul-en-scène de Clément Bresson. Adolescent, ce pensionnaire de la Comédie-Française a joué au Stade de Reims, notamment en championnat national U17, avant de bifurquer vers le théâtre. Il a fait de sa trajectoire un terrain de jeu pour interroger la passion, l’obsession, le goût de la perfection et ce qui relie finalement le sportif à l’artiste. Entre scène et stade, son personnage, Paul-Emile, cet « enfant qui rêve de prouver au monde que le foot est un art« , tente donc de solder ses comptes avec son « premier amour ». Et – j’écris en connaissance de cause – ce n’est pas simple !
Bresson y évoque avec humour les « conséquences » de telles passions sur une existence, ce qu’elles supposent de travail, de jeu, de collectif, de prise de risque et d’acceptation de l’imprévisible… Une façon, finalement, de prendre au sérieux une question qui ne l’est pas toujours : et si aimer le football n’empêchait nullement d’aimer l’art ?
29 sep 2026, La Stella, La Trinité. Rens: lastella.fr
photo : Pour en finir avec le football © Agathe Poupeney