Ravel, un retour en enfance

Ravel, un retour en enfance

Pour sa nouvelle saison hors les murs, l’Opéra de Toulon ouvre le bal, le 3 octobre prochain au Zénith, avec L’Enfant et les Sortilèges de Maurice Ravel. Deux représentations pensées pour les familles, dont une programmée en journée.

Après Lille, Lyon ou encore Limoges, Toulon s’apprête à son tour à découvrir la fantaisie musicale de Maurice Ravel. Créé en 1925 à l’Opéra de Monte-Carlo, L’Enfant et les Sortilèges s’est depuis imposé comme l’un des opéras les plus accessibles pour le jeune public (dès 8 ans), sans pour autant cesser de séduire les mélomanes de tous âges.

Grande figure littéraire de ce début de XXe siècle, Colette conçoit le livret original en 1916, au départ comme un simple « divertissement pour (sa) fille« . Ravel y associera quelques années plus tard une musique à la fois tendre et vive, mêlant classique, jazz, polka et valse – on a même un duo… miaulé ! Celle-ci rythme ce conte où objets et animaux prennent vie pour donner une leçon à un petit garçon qui les persécute.

Créée en 2016, cette production est portée par le travail de l’illustrateur Grégoire Pont et du metteur en scène James Bonas : des images numériques sont projetées sur un « écran » en tulle, séparant l’orchestre du public. Destinées à créer un monde fantasmagorique, elles permettent de captiver les plus jeunes et de replonger les adultes dans la nostalgie de leur enfance. C’est sur ce tissu souple, transparent et vaporeux que la magie opère : une tasse chinoise se brise en mille morceaux, des chiffres envahissent l’espace, le Feu fait danser ses étincelles et une immense main gronde le garçon dissipé. Le numérique devient un outil d’immersion, illustrant l’évolution technique de l’opéra lyrique, qui utilise les codes visuels d’aujourd’hui pour accompagner des dialogues centenaires.

Le caractère original de cette œuvre prouve que l’opéra n’est pas, comme certains le pensent encore, destiné exclusivement à un public expert ou senior. Pour l’occasion, l’Opéra de Toulon mettra à l’honneur de jeunes artistes émergents, dont la mezzo-soprano lauréate de l’Académie du Festival d’Aix-en-Provence et de la Fondation des Treilles, Victoire Bunel, dans le rôle de l’Enfant, et programme en 1e partie une version musicale du Petrouchka d’Igor Stravinsky, ballet-pantomime à l’origine composé en 1911 et révisé en 1947 dans une orchestration allégée.

3 oct, Zénith de Toulon. Rens: operadetoulon.fr

photo : L’Enfant et les Sortilèges © Steve Barek