07 Oct Voir défiler l’Automne de l’Image
Pour apprendre à lire les images et pour qu’elles nous en apprennent aussi sur notre monde commun, L’Automne de l’Image continue de cultiver nos sens et nos imaginaires avec des rendez-vous vastes et nombreux jusqu’au 29 novembre. Focus sur ce qui déjà nous tend les bras en ce mois d’octobre et sur ce qui nous a déjà enveloppés.
Si vous avez raté le début : l’Automne de l’Image s’est ouvert à Nice avec le festival de photographie contemporaine L’Image_Satellite qui se termine le 10 octobre. D’un coup d’œil dans le rétroviseur, il apparaît que ce festival, qui en est à sa 28e édition, questionne depuis plusieurs années les territoires, en tentant de montrer comment et pourquoi les personnes qui vivent/meurent là, ou n’ont fait que passer, laissent une trace, espèrent et se désolent, luttent et disparaissent, marchent et rêvent.
Terres frontalières soumises aux tensions géopolitiques et commerciales, refus de passage et abandons, privations de liberté et attentes obligées, surveillances de masse, transformations radicales des infrastructures et vestiges populaires de luttes… De façon testimoniale, intime ou suggérée, la présence humaine est en chaque image : ces prises de vue anti-cartes postales saisissent les vides de sens, les espoirs secrets et les violences sourdes et nous branchent en prise directe avec la création photographique contemporaine. La Galerie du Musée de la photographie Charles-Nègre jouera les prolongations en accueillant jusqu’au 8 novembre la lauréate du Prix Satellite, Youqine Lefèvre, dont les images témoignent des paradoxes qui traversent la société japonaise vieillissante.
La Bande Passante élargit le cadre
La Bande Passante, qui coordonne ce riche Automne de l’Image, abrite neuf structures niçoises dédiées à la photo, à l’audiovisuel et au cinéma, dont les objectifs sont de diffuser des films et proposer des expositions mais aussi, à l’année, de déployer des partenariats pour donner à voir au plus grand nombre et pour accompagner les professionnels dans leurs créations. Au programme donc : les derniers jours d’Un festival c’est trop court! où les formats courts de la jeune création du cinéma européen se visionnent sur grand écran, avec cette année une édition titrée Le voyageur en trans. Un hommage est rendu à Tony Gatlif, en partenariat avec la Cinémathèque de Nice et l’Université Côte d’Azur, et le festival du court occupe les lieux niçois avec la sélection officielle (87 films sur 1412 reçus, la création cinématographique est vive !), les courts hors compétition (Ciné Santé, Nice Dance Film, L’Alternativa, Documentaires et Scopitone) et une intense programmation pour les scolaires.
Outre les cinémas niçois privés (Variétés, Rialto) et public (Belmondo), la Bande Passante mutualise moyens, pensées et partenariats pour agrandir la palette : la salle Pop-Up, chaque année reconstruite pour l’occasion au 109, déplie ses fauteuils pourpres et son matériel visuel et sonore de pointe pour des projections de films documentaires : Casa Doc’ le 15 octobre, Au cinéma pour les droits humains et la Mostra documentaire le 16.
Pour les plus petits, dans le cadre du festival Les Buissonnières à l’Entrepont, des projections Courts sur pattes (dès 3 ans) et Ciné bol d’air (dès 5 ans) sont prévues le 17. Et petit bonus le 18 octobre : la Générale, une séance collective de pépites de courts-métrages, délicatement concoctée par les membres de la Bande Passante.
La Berlue Générale, cinéma en marge
Enfin, peut-être connaissez-vous le nouveau festival proposé par le Cinéma de Beaulieu et Kino Wombat, La Berlue Générale ? Pour la deuxième année, l’événement de quatre jours s’adresse aux « cinéphiles, cinéphages, curieux et curieuses » en quête de films rares, expérimentaux et mondiaux : dix films dont la moitié est projetée en avant-première, deux films en 16 mm, des réalisateurs présents (Maxime Lachaud, Reivaks Timeless, Jean-Gabriel Périot…) et deux concerts tout aussi expérimentaux les 24 et 25 octobre, avec notamment Le Golem.
En novembre, quatre autre grands événements : Artifice numérique, la biennale OVNi, le festival NIMFA, et les Rencontres Super8. À suivre dans le prochain numéro de la Strada !
Détail de la programmation sur lautomnedelimage.fr
photo : Ouverture de L’automne de l’image 2025 © DR