28 Juin Inoubliable Romy
Du 11 juillet au 27 août, la Mairie de Cannes renouvelle son Musée éphémère du Cinéma, qui accueille une exposition réalisée et conçue par la Cinémathèque Française, consacrée à « l’ex-petite fiancée autrichienne devenue une icône du cinéma français et international« . L’occasion de redécouvrir une Romy Schneider plus vivante que jamais.
« En réalité, j’étais simplement en avance sur mon temps. À une époque où il n’était encore nulle part question de libération de la femme, j’ai entrepris ma propre libération. J’ai forgé moi-même mon destin et je ne le regrette pas« . Mise en exergue de la très belle note d’intention signée de la commissaire d’exposition, Clémentine Deroudille, cette citation de Romy Schneider (1938-1982), résume bien la forte personnalité et la détermination qui ont marqué le parcours cinématographique de celle qui a su se débarrasser des habits somptueux mais encombrants de Sissi, pour réussir ensuite une « deuxième carrière » sans faute, et enchaîner une série de films majeurs qui ont enrichi l’histoire du cinéma français des années 70 et 80.
Après s’être libérée d’un passé lourdement impacté par les relations de sa mère avec le pouvoir nazi, Romy Schneider a affiché sa formidable aisance et une grâce incontestable devant les caméras des plus grands cinéastes : Orson Welles, Otto Preminger, Alain Cavalier, Costa Gavras, Claude Chabrol, Henri Georges Clouzot, Joseph Losey, Andrzej Zulawski… La femme n’étant jamais loin de l’actrice, elle fit preuve également d’engagements hors cinéma, notamment concernant les droits des femmes. Loin des studios, elle s’affirma aussi comme une femme libre dans ses choix affectifs et amoureux, maitrisant toutes les situations, jusqu’à ce qu’un destin tragique ne vienne anéantir ses espoirs et ses derniers rêves avec la mort accidentelle de son fils David. Comme le rappelle encore Clémentine Deroudille : « Elle ne s’est pas ménagée pour réparer l’insupportable« , en acceptant des rôles puissants, parfois déroutants dans des œuvres fortes comme Le Train, Une femme à sa fenêtre, Le vieux fusil, Portrait de groupe avec dame, La passante du sans souci, sur fond de seconde guerre mondiale.
Si l’on devait retenir deux réalisateurs grâce auxquels elle s’est le mieux exprimée, il faudrait choisir Luchino Visconti et Claude Sautet. Le premier lui a permis dès le début des années 60 de découvrir une autre dimension du jeu d’actrice avec l’expérience théâtrale de la pièce Dommage qu’elle soit une putain, puis bien plus tard lui permettra de tourner définitivement la page Sissi en lui offrant une version plus complexe et plus moderne du personnage, dans Ludwig, le crépuscule des Dieux. Les cinq films signés Claude Sautet entre 1970 et 1978 : Les choses de la vie, Max et les ferrailleurs, César et Rosalie, Mado et Une histoire simple, occupent évidemment une place particulière dans une filmographie d’une grande cohérence et conduite de manière très intelligente.
Costumes, affiches, photographies, rares archives, interviews et extraits de films racontent cette quête de travail et de liberté qui a fait de Romy Schneider une actrice en majesté, en qui toutes et tous aiment se projeter et se reconnaître. Cette superbe exposition est scénographiée par Pascal Rodriguez, le graphisme est de Nicolas Hubert et l’éclairage de Raymond Belle. Le vernissage se tiendra le 10 juillet à 18h, et des ateliers seront proposés en partenariat avec l’association Cannes Cinéma. Comme l’écrit encore Clémentine Deroudille: « Romy reste une étoile, une lumière scintillante qui continue à nous éblouir« , l’occasion est belle de venir s’en rendre compte.
11 juil au 27 aou, Palais des Festivals, Cannes. Rens: cannes.com
photo: Romy Schneider au Suquet Festival de Cannes 1957 pour le film «Sissi impératrice» de Ernst Marischka © Collection Traverso