L’amour, l’amour, dont on parle toujours…

L’amour, l’amour, dont on parle toujours…

Le Festival International des Musiques d’Écran (FiMé) rembobine sa 18e édition. Neuf ciné-concerts sur toute la métropole toulonnaise, du 2 au 10 novembre 2024.

Espace d’expression libre et d’expérimentation instrumentale, le FIMé conjugue passé et présent, en fusionnant des films muets noir & blanc avec des musiques actuelles, contemporaines, du jazz… joués en live. Sa thématique 2024 est un grand classique : l’histoire d’amour. L’amour, dont on parle toujours… Coup de foudre, désir, érotisme, comédie, mélodrame, mensonges, trahison, rupture, jalousie, vengeance, amours interdites… Au cœur des salles obscures, mille et une facettes pour un seul mot dont toute la portée émotionnelle explose de cette aspiration commune à nos vies ordinaires, extraordinairement mise en lumière par ce bon vieux cinoche. Ouvrier ou PDG, il est ce miroir grossissant de notre monde intérieur, un révélateur intime, notre point de ralliement lacrymal. Dès le début le cinéma s’est adressé à tous ces anonymes, que ces images en mouvement percutaient et qui s’identifiaient à certaines situations vécues, placés face de réelles questions philosophiques. 

La sélection que dégaine le FiMé 2024 le reflète et aligne une liste de chefs-d’œuvre du 7e art. Ainsi L’inconnu de Tod Browning (1926) qui sera orné par le groupe de pop alternative Méandres. Récit cruel d’un mélodrame au cirque entre un infirme, lanceur de couteaux… sans bras mais avec ses pieds, et sa partenaire en trauma pour une agression, jeune, et qui depuis, est phobique des mains des hommes. Elle s’éprend de lui, mais… En fou amoureux, faux/vrai manchot halluciné et être monstrueux, Lon Chaney, « l’homme aux mille visages », dévore l’écran. Impossible à oublier.

Puis Les trois âges de Buster Keaton (1926), rythmés au piano par Axel Nouveau. Ici, « l’homme qui ne sourit jamais » se lance à la poursuite de celle qu’il aime, la même, à travers l’âge de pierre, l’Antiquité romaine, et les temps modernes. The Ring d’Alfred Hitchcock (1927), filme Jack boxeur de foire, fiancé à Nellie. Bob, une star de la boxe le remarque. Le voici lancé. Bob courtise Nellie. La fin ? Une mise… aux poings, rageuse, au tempo des coups de baguettes de Laurent Beauchier, encadré par Sébastien Arcos (clavier) et Romain Redon (flûte). Suivent 6 courts métrages (1943 à 1948) de Maya Deren, opus d’une femme radicalement libre qui a laissé de curieux « objets » filmiques expérimentaux, entre rêverie et visions sensuelles aux émanations surréalistes (on songe à Cocteau et David Lynch), qui seront ambiancés par Yagara aux platines et Jean-Loup Faurat à la guitare… 

Voilà donc un teaser et avant-goût des trésors qui vous attendent encore, avec Orochi de Buntarō Futagawa (1925), Pêcheur d’Islande de Jacques de Baroncelli (1924), So this is Paris d’Ernst Lubitsch (1926), et Vive le sport de Sam Taylor et Fred Newmeyer (1925) qui refermera le FIMé…

2 au 10 nov, lieux divers, Toulon, Six-Fours, Ollioules, La Garde, La Valette, Le Pradet. Rens: fimefestival.fr

photo : L’inconnu de Tod Browning (1927) © DR