28 Jan Aimer pour le pire
Meilleur seul-en-scène au Festival Off d’Avignon en 2023, adaptation du roman de David Lelait-Helo, lui aussi récompensé du Prix Claude Chabrol 2022, Je suis la maman du bourreau, programmé à Mougins, nous plonge dans les profondeurs de l’âme humaine…
Gabrielle de Miremont, aristocrate respectée et fervente catholique, se tient droite, dans son strict petit gilet rose, au beau milieu de la scène. Très vite, nous assistons au déclin de cette femme, dont le fils, la prunelle de ses yeux, a commis l’irréparable…
C’est dans un décor gris, évoquant celui d’une cellule de prison, et sur les murs duquel on peut apercevoir le spectre d’un salon bourgeois, que Clémentine Célarié nous fait partager les réflexions de cette femme, cette mère, déchirée jusque dans son âme par les agissements de son fils chéri. Ce dernier retrouvé mort, son fusil près de lui, quand des accusations de prêtres pédophiles ont éclaté dans sa paroisse quelques semaines plus tôt. Gabrielle s’interroge alors et mène l’enquête pour tenter de disculper son fils. Mais très vite, les preuves se font accablantes, remettant en cause tous ses principes. En plus du deuil, auquel elle doit faire face, se mêlent tout un tas d’émotions contradictoires : comment en est-il arrivé là ? En est-elle en partie responsable ?
Phrases chocs et révélations nous immergent dans l’âme de cette « femme de Dieu » qui voit sa vie, ses principes et ses croyances réduits en cendres, fracassant la forteresse d’une vie simple et vouée à sa foi. Abordant avec brio les sujets de la culpabilité et de la responsabilité parentale, du rejet social et de la figure du paria, la vie de Gabrielle de Miremont nous donne un aperçu de ce qu’il se passe pour les personnes qui restent et continuent de vivre avec le poids de la honte. Mais, toujours cet amour maternel qui persiste inexorablement, en dépit de tout.
4 fév, Scène55, Mougins. Rens: scene55.fr
photo : Je suis la maman du bourreau © DR