La difficulté d’être soi 

La difficulté d’être soi 

Figure singulière de la scène chorégraphique contemporaine, Leïla Ka présente Pode Ser et C’est toi qu’on adore, en mars à Cannes. Deux pièces, courtes et complémentaires, qui explorent des thèmes liés à l’identité et à l’émancipation.

Avec Pode Ser, sa toute première création en « hommage à Maguy Marin qui m’a donné une chance » dans le spectacle May B et à George Cordeiro qui l’a formée au hip-hop, Leïla Ka met en scène un solo où le corps oscille entre liberté et contrainte, et illustre la difficulté d’être soi. La danseuse Anna Tierney y livre une performance qui évoque un combat intérieur, une quête d’identité dans un monde qui impose ses diktats. Inspirée autant par le hip-hop que par la danse contemporaine, la gestuelle saccadée et les déplacements nerveux traduisent une urgence, une tentative d’exister pleinement, soulignée par une musique minimaliste qui accentue la sensation d’instabilité.

Dans C’est toi qu’on adore, créé 4 ans plus tard, en 2022, on passe du solo au duo pour aborder cette même thématique, la quête de soi, mais à l’échelle de la communauté. Leïla Ka et Mathilde Roussin sont deux sur scène, mais pourraient être plus beaucoup plus. Elles évoluent dans une synchronisation quasi parfaite, évoquant à la fois une soumission aux normes et un désir d’émancipation. « Elles avancent, résistent, s’effondrent parfois, mais s’évertuent inlassablement à lutter jusqu’à l’épuisement« , explique la chorégraphe. 

Deux formes courtes pour permettre au public de (re)découvrir les premiers travaux de la lauréate du Prix Révélation chorégraphique du Syndicat de la critique 2022, qui a su imposer, à travers son langage corporel hybride, une signature unique où la danse se fait cri.

7 mars, Théâtre de la Licorne, Cannes. Rens: cannes.com

photo : C’est toit qu’on adore © Pierre Planchenault