26 Fév Danser la mémoire
Avec La Cuenta [Medellín-Marseille], programmé par la Direction de la Culture de l’Université Nice Côte d’Azur, Marina Gomes ne propose pas seulement un spectacle de danse, mais aussi une réflexion sur la mémoire des victimes de la violence urbaine.
Après Asmanti [Midi-Minuit] et Bach Nord [Sortez les guitares], La Cuenta [Medellín-Marseille] est le 3e volet d’un triptyque autour d’histoires de vie d’habitants de quartiers populaires. En tissant un lien entre deux villes marquées par les règlements de comptes liés au narcotrafic, la chorégraphe interroge la manière dont ces violences structurent les territoires et affectent les habitants, en particulier les femmes. Sachant que lorsque la criminalité — essentiellement masculine — gangrène un quartier, une ville, une communauté, ce sont elles qui restent pour porter le deuil : mères, sœurs, filles deviennent alors gardiennes du souvenir des disparus.
Marina Gomes donne corps à cette mémoire à travers une danse qui oscille entre rage et recueillement, douleur et résilience. Inspirée par des actions artistiques mises en place autour de cimetières, par des collectifs colombiens œuvrant pour la justice sociale, elle transpose ce combat à Marseille, où elle et sa Cie Hylel sont installées. Ici, la chorégraphie devient un acte politique. Elle ne se contente pas d’illustrer la violence, elle la dénonce et surligne son absurdité. En conjuguant hip-hop et danse contemporaine, Gomes chorégraphie la révolte et la résistance mettant en scène des corps qui refusent de se soumettre à une fatalité meurtrière. Et rappelle que l’art est une arme de sensibilisation et de transformation sociale…
14 mars, Théâtre Francis Gag, Nice. Rens: culture.univ-cotedazur.fr
photo : La Cuenta © Pierre Gondard