En toute matière réside la lumière

En toute matière réside la lumière

Aux Arcades, espace artistique et culturel, la Municipalité d’Antibes propose plusieurs expositions personnelles par an. Dans la vaste double salle dont les baies vitrées ouvrent sur la rue piétonne fréquentée, les œuvres de l’artiste Philippe Bresson sont à voir depuis la fin janvier. Cet ancien ébéniste d’art livre là ses créations récentes, convoquant quelques grands maîtres que notre territoire connaît si bien.

Cette exposition, qui court jusqu’au 29 mars, montre les sculptures et mobiliers d’art qu’il a réalisés ces dernières années, dans un accrochage généreux où les séries dialoguent entre elles. Maître ébéniste, il a délaissé il y a quelques années les bois dont il connaît parfaitement les essences et leurs propriétés, pour ouvrir son savoir-faire à tous les matériaux, notamment ceux que l’on abandonne, les jugeant de peu de noblesse ou de préciosité. Il en extrait une caractéristique esthétique particulière, souvent dans des clins d’œil appuyés à ses pairs. Pagès, Brancusi, Sommerhalter, Venet semblent nous parler tout bas à travers la matière rehaussée. Car comme face à toute œuvre, l’esprit cherche une référence, un semblable, un hommage ; ce que JR Leloup – son ancien éditeur – écrivait ainsi : « [Philippe Bresson] crée tout simplement un monde parallèle pour faire un petit bout de chemin personnel avec d’autres esprits artistiques. Il délace ainsi, de façon humble mais certaine, une nouvelle voie vers un nouveau regard. »

Bresson assemble, tord, compresse et compose à partir de rebuts de notre consommation outrancière, usant de cartons ou de chambres à air qu’on aurait juré sans destin. Marquée par sa maîtrise des techniques — verre, néon, peinture —, la facture de ses sculptures et objets est d’une finesse et d’une légèreté impressionnantes : y compris quand il écrase une baignoire qu’il enduit d’une peinture mate, plie un IPN qu’il plonge dans une peinture criarde de carrosserie, ou façonne un tube néon avec le rendu d’un simple crayonné.

L’ensemble de ses dernières séries est rassemblé dans un ouvrage paru en ce mois de février aux éditions Pourpre dirigées par Christine Parasote, dont les lecteurs de La Strada connaissent le nom et le ton. Elle travaille depuis 20 ans auprès d’artistes en tant que commissaire et productrice d’expositions, et développe depuis quelques années la conception d’ouvrages d’art — monographies, catalogues et livrets d’expositions. Le lancement du livre dédié au travail de Philippe Bresson aura lieu le jeudi 13 mars aux Arcades, en présence de l’artiste, avec la participation performée de Frédérik Brandi, auteur de l’un des textes qui ponctuent l’ouvrage, aux côtés des belles plumes de feu JR Leloup, Florence Canarelli, Hélène Jourdan-Gassin et Sylvie Lecat.

Exposition, Jusqu’au 29 mars • Signature du catalogue & performance de Frédérik Brandi, 13 mars 18h. Espace Culturel Les Arcades, Antibes. Rens: antibesjuanlespins.com

photo Une : Philippe Bresson, Sans titre, 2023 – Carton peint, néon – 66 x 110 x 10 cm © François Fernandez