Les vengeances de la nuit

Les vengeances de la nuit

La Galerie Eva Vautier continue dans sa mission de défrichage et de promotion de talents et présente la première exposition personnelle de Maxime Parodi.

Diplômé en 2012 de l’École supérieure d’art d’Aix-en-Provence, Maxime Parodi se définit comme un « fictionaute », un explorateur de mondes fictionnels. À travers le dessin et l’écriture, il s’intègre lui-même dans des scènes de films auxquels il est attaché. « Prenant part à l’univers qui le fascine, il transpose le spectateur en acteur. Ce n’est pourtant pas le rôle d’acteur qui l’intéresse, mais bien celui d’auteur, d’écrivain et de dessinateur« , explique la plasticienne Florence Laude.

« Maxime Parodi dessine des instants de vie, des plans cinéma, des chefs-d’œuvre de la peinture classique, des captures d’écran, des moments à première vue très banals, incrustés dans sa mémoire« , poursuit Jean-Pierre Paringaux, commissaire de l’exposition, qui, lui aussi, s’intéresse à son travail depuis plusieurs années. « Dans le premier espace, une succession de paysages colorés, calmes, paisibles, la couleur au service de la douceur du moment partagé, trace un chemin qui nous guide vers la nuit plus incertaine. Une soirée divertissante sur les marches encombrées du grand escalier de l’Opéra Garnier nous permet de côtoyer diverses icônes facilement reconnaissables mêlées à d’illustres inconnus, tous les fantasmes sont permis« , détaille le commissaire. « Dans le second espace, on se retrouve face à une immense habitation« , une pièce spécialement créée pour l’exposition. « On se retrouve curieusement voyeur, seul dans la nuit à épier ce qui se passe dans la maison d’en face. Chaque dessin en représente une pièce. (…) Quelques scènes explicites, la sexualité comme pulsion de vie, viennent élargir le champ des possibles, voire exploser le jeu préétabli, mettant à mal les valeurs protectrices et éducatrices du cocon familial souvent trop réductrices. Domination, oppression, frustration, morale ou simples jeux libérateurs ? »

Notez qu’à l’étage de la galerie, l’artiste Jeanne Susplugas présente le film There is no place like home, en écho au travail de Maxime Parodi. Une préfiguration de son exposition prévue à la galerie cet été.

12 avr au 31 mai (vernissage 11 avril 18h), Galerie Eva Vautier, Nice. Rens: eva-vautier.com

photo : Maxime Parodi, L’intime du vide, 2022, crayon sur papier, 129 x 195 cm © Galerie Eva Vautier