Ballet Nice Méditerranée : une nouvelle page

Ballet Nice Méditerranée : une nouvelle page

L’Opéra de Nice fait entrer 4 œuvres au répertoire du Ballet Nice Méditerranée, désormais dirigé par le chorégraphe Pontus Lidberg, nommé après la disparition d’Éric Vu-An en juin 2024. Quatre pièces signées par des maîtres de la danse contemporaine, à découvrir du 2 au 8 avril.

Reconnu pour son travail novateur qui allie danse classique, danse contemporaine, cinéma et arts visuels, Pontus Lidberg déclarait, lors de sa nomination à la tête du Ballet Nice Méditerranée, vouloir « insuffler à la compagnie une renaissance, lui apporter une énergie nouvelle qui ancrera le ballet dans le présent tout en honorant ses racines classiques. (…) Il s’agit de positionner le Ballet Nice Méditerranée comme un acteur incontournable à travers des créations novatrices, des collaborations interdisciplinaires et un lien fort avec les acteurs territoriaux« .

Une intention mise en œuvre lors de ce programme qui s’ouvrira avec The Vertiginous Thrill of Exactitude de William Forsythe. Créée en 1996, cette pièce met en scène 5 danseur.euses en tutus et pointes, évoluant sur une musique de Schubert, interprétée les musiciens de l’Orchestre Philharmonique de Nice. Né en 1949 à New York, Forsythe est renommé pour avoir repoussé les limites du ballet traditionnel, lui qui n’a eu de cesse de tordre le cou à la technique et aux conventions de la danse classique. Dans cette pièce, il rend un hommage appuyé à la danse classique, avec des clins d’œil à Marius Petipa et George Balanchine, tout en s’inscrivant dans notre époque par sa célébration du danseur et sa capacité à transformer la difficulté technique en triomphe de maîtrise physique.

Deux danseurs interpréteront ensuite Les Indomptés, créé en 1992 par le français Claude Brumachon, né en 1959, autre chorégraphe marquant pour son approche brute et intense de la danse contemporaine. Acuité des émotions, équilibre entre séquences brusques et apaisées… ce duo masculin a été interprété aux quatre coins du monde et intégré au répertoire de plus de 30 ballets — dont celui de Nice, désormais —, témoignant de son impact durable.

Puis ce sera aux Trois Gnossiennes de Hans van Manen, sur une musique — vous l’aurez deviné — d’Erik Satie, de mettre en lumière l’art du « dessin chorégraphique » de van Manen, enseigné à la Sommerakademie des Tanzes de Cologne, où de nombreux jeunes chorégraphes se sont pressés, des années durant, pour assister à ses cours. Né en 1932, il est une figure emblématique de la danse néerlandaise, ayant travaillé avec le Nederlands Dans Theater et le Dutch National Ballet.

Enfin, Cacti du « jeune » suédois Alexander Ekman clôturera ce programme. Né en 1984, il s’est imposé sur la scène internationale par un style ludique et innovant. Dans cette pièce, créée en 2010, 16 danseurs interagissent avec 4 musiciens dans un échange mêlant humour et virtuosité. Une pièce saluée pour son originalité et son énergie contagieuse. De quoi finir la soirée avec la banane.

2 au 8 avr, Opéra de Nice. Rens: opera-nice.org

photo : Artistes du Houston Ballet dans Cacti d’Alexander Ekman © Amitava Sarkar (2016), avec l’aimable autorisation du Houston Ballet