26 Mar Un autre Michalik
Dans une œuvre humaniste portant une réflexion sur un enjeu phare de nos sociétés contemporaines, Alexis Michalik fait un pas de côté avec sa dernière pièce Passeport.
Après la création de plusieurs pièces emblématiques au souffle romanesque, comme Edmond, Alexis Michalik revient sur les plateaux de théâtre avec Passeport, articulée autour de trois questions : Qui sommes-nous ? Pourquoi sommes-nous né.e.s ici ? Où irons-nous ensuite ?
Dans une mise en scène très cinématographique, nous voyageons dans différents lieux, passant d’un hôpital à un commissariat, du désert à la mer, grâce à une scénographie imaginée autour de décors multiples. Et dans ces lieux, deux histoires s’y développent en parallèle. La première, celle d’Issa, un jeune homme amnésique retrouvé inconscient dans la jungle de Calais. Le seul élément le rattachant à son identité est son passeport, où sont inscrits son nom et son origine érythréenne. Désireux d’obtenir un titre de séjour, Issa (Jean-Louis Garçon) entame alors une quête afin de retracer son parcours, et le fil des événements qui l’ont conduit jusqu’à ce centre de rétention. Le second fil narratif est celui de Lucas (Christopher Bayemi), un jeune gendarme noir, né à Mayotte et adopté par une famille blanche, dont le père, ancien Général de l’armée, semble paradoxalement habité par un sentiment xénophobe. Tout comme Issa, Lucas désire en connaître davantage sur son identité, mais surtout, se rendre à Mayotte à la recherche de sa mère biologique.
« J’ai l’habitude, pour toutes mes pièces, de partir d’une idée de fin et de dérouler le fil à l’envers. Je me suis alors beaucoup documenté. Je pense, par exemple, aux commentaires de certaines chaînes d’information, construits à partir de ressentis plutôt que sur des réalités, et j’ai trouvé là les clés pour faire face aux idées reçues« , indique Alexis Michalik dans les colonnes de L’Humanité, qui prend aujourd’hui, sans le vouloir, le contre-pied de ce à quoi il a habitué le public. Car « cette histoire qui devait être surtout romanesque et humaine est finalement venue aborder frontalement la question de l’immigration et des réfugiés« . Alexis Michalik politique, une belle (r)évolution !
8 avr, Théâtre Princesse Grace, Monaco. Rens: tpgmonaco.mc
25 & 26 avr, Anthéa, Antibes. Rens: anthea-antibes.fr
photo : Passeport © DR