21 Mai L’Opéra de Nice, ou la liberté de penser
Avec 8 opéras à l’affiche, 5 pièces chorégraphiques, 13 concerts symphoniques et une multitude de propositions pour tous les publics, l’Opéra de Nice dévoile une saison 2025-2026 pleine de vitalité.
« Chaque opéra du répertoire est un événement à part entière« , affirme Bertrand Rossi, directeur de l’Opéra de Nice. Équilibrer une programmation entre grand répertoire et modernité, tout en gardant un regard neuf sur la tradition, tel semble être son mantra. Une nouvelle fois, il n’hésite pas à entremêler les classiques — La Clémence de Titus de Mozart, Le Villi de Puccini, œuvre méconnue, ou encore La Traviata de Verdi — avec des œuvres contemporaines. Ainsi en ouverture de saison lyrique, pourra-t-on savourer le Satyagraha de Philip Glass, une première en France.
Classiques revisités et créations audacieuses
Cette œuvre, issue de la trilogie que Glass a consacrée à des figures ayant changé le monde, s’inspire d’un épisode de la vie de Gandhi en Afrique du Sud. Elle sera mise en scène par la chorégraphe Lucinda Childs, proche de Glass, et dirigée par Léo Warynski — la même équipe qu’Akhnaten, présenté la saison dernière. « Elle est plus longue, plus complexe… C’est une œuvre hypnotique, méditative« , s’enthousiasme Bertrand Rossi. « J’adore le 3e acte, qui déploie le même thème pendant 35 minutes. Et c’est une vraie réunion de famille : d’entrée de saison, la pièce met en valeur les forces vives de la maison — le chœur, l’orchestre, le ballet. Avec ses messages de tolérance et de justice, c’est une ouverture pleine de sens dans un monde en repli et en proie à l’obscurantisme. »
Expériences et ouverture
Toujours soucieux de proposer un opéra ancré dans son époque et ouvert à tous, Bertrand Rossi, stimulé par sa rencontre avec le vidéaste Étienne Guiol, propose dès juillet, en amont de la saison, un spectacle immersif de 45 minutes, visible tous l’été. Un ballet de sons, de lumières et d’images animé par 18 caméras, où les 9 muses du plafond de la maison niçoise prennent vie pour entraîner le public dans une journée à l’opéra. Une première en France, encore. Une installation qui servira ensuite de décors à l’œuvre de Glass. Dans le même esprit d’ouverture, la 2e édition du festival Metal’Up The Opera en septembre — un genre souvent inspiré par les maîtres classiques comme Wagner ou Beethoven — traduit cette volonté de métissage artistique. Au programme : Septicflesh, groupe de death symphonique grec, ainsi que les azuréens Heart Attack, qui avait enflammé la 1e édition en 2023, et Azelma. « L’opéra a toujours été un laboratoire d’innovations, des chandelles au gaz, du gaz à l’électricité… Aujourd’hui, c’est l’ère du numérique. L’Opéra de Nice doit être à la pointe de la technologie. »
Multiplier les formes d’expression
Bertrand Rossi milite pour multiplier les formes d’expression artistiques, même les moins conventionnelles, pour attirer de nouveaux publics. Ainsi, les escape games permettent de découvrir les lieux autrement, tout comme le Bal Veglione, les conférences ou les rencontres. Sans oublier les nombreuses propositions dédiées aux plus jeunes, un public qui lui tient particulièrement à cœur.
Deux nouveautés s’ajoutent à cette offre déjà riche : les Goûters sur scène, associant spectacle vivant et gourmandise, et, pour les tout-petits (0-3 ans), Pitchoun Symphonie. À cette occasion, la fosse d’orchestre se transformera en terrain d’exploration sensorielle, recouvert de mousse, tandis que l’orchestre jouera sur scène.
Les amateurs d’opérette ne seront pas en reste avec deux rendez-vous dédiés, l’un autour de la chanson (Chansons de Paris de Max Alexys), l’autre de la comédie musicale (Company de Stephen Sondheim). L’orchestre célébrera aussi, lors de plusieurs concerts, les 50 ans de la disparition de Dmitri Chostakovitch. Et côté danse, le ballet accueillera de grands noms, dont Benjamin Millepied.
Enfin, cette saison encore, Un Monde ensemble, projet d’envergure mené par Magali Thomas et Sergio Monterisi, rassemblera sur scène les enfants de plusieurs quartiers de Nice dans un opéra-rock original, mêlant slam, chant, danse et percussions. Ce spectacle, fruit d’une consultation citoyenne et d’un travail au long cours, vise à ouvrir le champ des possibles pour la jeunesse.
Soutenue principalement par la Ville de Nice, l’institution parvient, saison après saison, à concrétiser les visions de son directeur artistique et de son équipe, à surprendre son public… et, sans doute, à en conquérir de nouveaux.
Dès le 6 sep, Opéra de Nice. Rens: opera-nice.org
photo : Septicflesh ouvrira la saison de l’Opéra de Nice © Giannis Negris