Benjamin Levy signe sa dernière partition

Benjamin Levy signe sa dernière partition

Conjointement au Palais des Festivals et au Festival de Danse Cannes – Côte d’Azur, l’Orchestre national de Cannes a présenté le programme de sa saison 2025-2026. Et, fidèle à une ligne de conduite définie dès l’arrivée du chef Benjamin Levy à la direction de l’orchestre, la phalange continue d’associer répertoire classique et rendez-vous musicaux inédits destinés à démocratiser la « Grande Musique ».

Vous l’avez certainement lu dans l’article ci-contre, l’Orchestre national de Cannes ouvrira la saison du Palais des Festivals (et la sienne), le 21 septembre prochain, avec la soirée Bowie Symphonic ! Pas de batterie, pas de guitare électrique lors de ce concert, « juste » une petite cinquantaine de musiciens qui interpréteront les plus grands titres de David Bowie, accompagnés de quelques grands noms du jazz : Stéphane Belmondo à la trompette, Bojan Z au piano, et les voix de Hugh Coltman et Krystle Warren. Tantôt dandy, tantôt glam-rock, funky, voire jazzy sur son ultime album Blackstar, c’est ici en version symphonique que l’on pourra redécouvrir l’œuvre de « l’homme aux mille visages », dans ce qui constituera l’un des 8 rendez-vous donnés par l’orchestre au Palais des Festivals. Des concerts en compagnie d’artistes de renom comme les pianistes David Kadouch et Alexandre Tharaud, la cheffe Holly Hyun Choe, ou la violoniste Bomsori Kim.

Ce n’est qu’un au revoir, Benjamin !

Cette soirée sera à l’image du travail accompli par le chef Benjamin Levy depuis son arrivée à Cannes en 2016. Le directeur musical de 51 ans, très actif sur les scènes symphoniques et lyriques européennes, a su attirer de nouveaux publics et donner un coup de jeune à l’institution cannoise créée par Philippe Bender il y a 50 ans — laquelle sera célébrée lors d’une Soirée de Gala Jubilé en décembre. La création avec quatre autres ensembles français du Consortium créatif, destiné à offrir une plus grande place et une plus grande visibilité à la création musicale d’aujourd’hui — celle qui fera le répertoire de demain —, ou encore le succès critique de l’album Croisette, paru chez Warner Classics en 2022, consacré au répertoire léger des années folles, sont autant de marqueurs de cette volonté d’ouverture et de cette franche réussite. Mais toutes les belles histoires s’achèvent un jour ou l’autre… Celle du chef et de l’Orchestre arrivera à son terme en juillet 2026. Notre homme, encore jeune, a choisi de vivre de nouvelles aventures… Aussi, l’Orchestre national de Cannes, après avoir ouvert la saison du Palais des Festivals, la clôturera avec un programme-surprise : Au revoir Benjamin !

Des repères pour le public

Entre temps, les mélomanes pourront à nouveau se faire plaisir puisque cette saison « offrira encore de nombreuses occasions de nous retrouver, de partager toutes les émotions de la musique et nous donnera l’occasion de constater encore que l’art et la culture sont des armes absolues contre les clichés, les visions caricaturales du monde, les totalitarismes et les obscurantismes qui nous menacent« , confie le futur ex-chef de la phalange cannoise.

Concerts apéritifs à l’arrivée des beaux jours, formats courts Une œuvre, une heure qui plongent le public dans les arcanes de la partition d’une œuvre majeure du répertoire, mais aussi Baby concerts pour découvrir la musique en famille, Ciné-concerts que l’Orchestre national de Cannes a pris la bonne habitude d’instaurer plusieurs fois chaque année, ainsi que les rendez-vous Arlucs Symphonique, comme autant d’occasions de vivre un concert symphonique au plus près des artistes, dans l’intimité de l’Auditorium des Arlucs… Tous ces rendez-vous sont de retour cette saison !

Parmi eux, le ciné-concert Fantasia déroulera, à l’approche des fêtes de fin d’année, une large sélection d’extraits des deux Fantasia de Disney (1940 et 2000), sur lesquels l’orchestre interprétera les musiques de Casse-noisette de Tchaïkovski, de L’Oiseau de feu de Stravinski ou du Clair de lune de Debussy.

Plusieurs anniversaires seront également célébrés : les 150 ans de la naissance de Maurice Ravel, avec 6 concerts qui alterneront pièces incontournables et œuvres plus rarement jouées ; et les 120 ans de la naissance 120e anniversaire de Dmitri Chostakovitch, figure de la musique du XXe siècle, qui a su naviguer entre les exigences du régime soviétique et son besoin d’expression personnelle.

Quand l’orchestre se la joue Netflix

À côté de ces « marqueurs » auxquels le public s’est habitué, et continue de s’enthousiasmer, deux nouveaux rendez-vous ! En janvier, le spectacle musical Ludwig Van proposera « un voyage au milieu des sens, où la musique rencontre le théâtre, la parole côtoie la Langue des signes et le silence devient une force créatrice« , nous indique-t-on. Soutenue par le comédien Jean-Christophe Quenon et par Marie Lemot, comédienne et chansigneuse, une sélection de chefs d’œuvre du maître allemand — atteint de surdité progressive dès l’âge de 27 ans — plongeront le public dans « un monde où la surdité révèle une nouvelle manière de percevoir la beauté, peut-être encore plus évidemment universelle. » Un concert que prolongera le parcours interactif et immersif Ludwig Van – Écouter pour s’entendre, proposé à la Micro-Folie Départementale à Nice, du 30 septembre au 24 janvier.  

L’autre nouveauté — qui n’en est pas tout à fait une, puisqu’une première série du genre, la bien nommée Amour, Gloire et Mozart, était apparue lors de la saison 2023-2024 — est la série musicale Mon Schubert bien-aimé. Cette saison 2 permettra de redécouvrir la vie et l’œuvre de ce compositeur viennois emblématique de la musique romantique allemande, et reconnu comme le maître incontesté du lied, grâce au « scénario » concocté par Lionel Esparza, producteur à Radio France et auteur de plusieurs ouvrages sur la musique.

Avec cette nouvelle (et ultime) saison, Benjamin Levy signe encore une partition exigeante, populaire… et sans fausse note !

Dès le 21 septembre, lieux divers, Cannes & sa région. Rens: orchestre-cannes.com

photo : Benjamin Levy © Yannick Perrin