Mort aux cons !

Mort aux cons !

Plus de trois décennies que le Festival de Néoules met ses tripes sur la table avec des programmations impeccables. Et ce n’est pas en 2025 que ça va changer !

En 1995, alors que le Festival de Néoules a 4 ans, que les injustices sociales et la montée de l’extrême droite commençent (déjà) à inquiéter quelques artistes et intellectuels, Mano Solo fonde avec Napo Romero l’éphémère groupe Frères Misère, pour cracher leurs interrogations et revendications. Force est de constater que la situation ne s’est pas améliorée avec le temps… 

30 ans plus tard, si le premier larron du duo nous a quittés, le second poursuit le « combat » et relance aujourd’hui une itération du groupe, Frères 2 Misère, en compagnie de quelques voix de la scène alternative française : Kebous (Les Hurlements d’Léo), Fredo (Les Ogres de Barback) et Melissmel. « On le fait parce que malheureusement plus personne ne le fait. Autrefois tu avais des artistes populaires qui ouvraient leurs gueules« , déclarait récemment Napo Romero, dans le très bon magazine Longueur d’Ondes. « J’habite dans le Sud Est, dans un coin anciennement communiste, mais devenu fasciste et raciste. Je ne vais jamais dans les bars à cause de cela. C’est dur à vivre cette situation, mais lorsque l’on joue, les gens viennent nous voir après les concerts en nous disant « merci, on se sent moins seuls « . Nous voulons fédérer autour de cette lutte antifasciste. » 

Programmer en 2025 ce groupe est donc un véritable geste politique ! Alors merci au Festival de Néoules, merci à tous ses bénévoles qui lui permettent de tenir la distance et de continuer à transmettre ses valeurs humanistes et d’ouverture. Car d’ouverture, il en sera question tout au long du weekend : avec une première soirée dub/électro, avec O.B.F. ou Tetra Hydro K ; une deuxième soirée reggae/ragga, avec Groundation, Broussaï ou encore Raspigaous, qui raccroche le micro après 30 ans de bons et loyaux services ; enfin, une dernière soirée punk/rock de très bon aloi, où les Frères 2 Misère croiseront la route de Didier Super et des patrons de Tagada Jones, qui n’ont jamais cessé de balancer de bon gros coups de lattes dans cette grande fourmilière qui nous sert de société.

17 au 19 juil, Bastide de Châteauloin, Néoules. Rens: festival-de-neoules.fr

photo: Festival de Néoules 2024 © DR