Les sons mêlés du Bonporteau

Les sons mêlés du Bonporteau

À Cavalaire-sur-Mer, le Bonporteau Festival déroulera sa 8e édition du 4 au 7 août prochain.

« Il était impensable de nous nicher dans une musique aux contours trop précis, préférant accueillir un festival ouvert aux musiques de différents mondes, à l’éclectisme des sonorités, au doux mélange des cultures… Une expérience musicale incroyable dans l’acoustique de la Crique de Bonporteau, lové sur sa serviette de plage, le ressac de la Méditerranée berçant, tantôt des accords promesse faite par la ville de Cavalaire, lorsqu’elle décida de créer le Bonporteau Festival. Promesse tenue, cette année encore. Puisque se croiseront, 4 jours durant, la musique classique de l’accordéoniste Basha Slavinska et les polyphonies corses de Fiumicanti, la pop rock de Jekyll Wood et le funk de Cut The Alligator, la chanson pop de Vanille — fille de Julien Clerc — et la new soul de Jeanette Berger, ou encore, en ouverture du festival, la soul jazz des Uptown Lovers et le reggae de Siska. Les amateurs du genre connaissent sans doute cette dernière comme la chanteuse de feu Watcha Clan.

Avec elle, le groupe marseillais a sorti quelques albums qui ont marqué la scène alternative française au début du XXe siècle, fusionnant reggae, musique électronique et musiques du monde — tzigane, gitane, klezmer, chaabi et gnawa — pour parler avec intelligence des migrations et des métissages. En solo, Siska s’est affranchie de ses racines roots en 2016, avec un premier album au son arty, quelque part entre trip-hop et future soul, A Woman’s Tale, suivi de Mauvaise graine en 2021. Mais c’était pour mieux y revenir en 2025, avec Holdin’ The Vibes, dans lequel elle multipliait les collaborations : Horseman, Earl Sixteen, Pat Kalla, Taggy Matcher, ou encore Prince Fatty, qui a produit la galette.

Un opus né dans la calanque du Mauvais pas, à Marseille, où la chanteuse, originaire des quartiers nord, réside aujourd’hui. Un village de pêcheurs, véritable enclave populaire au cœur des quartiers sud, plus huppés, de la ville : « J’aime son côté un peu ghetto, de bric et de broc, avec ses fils électriques qui pendouillent, son léger banditisme, son mélange de population : je m’y sens bien« , déclarait-elle sur RFI, au printemps dernier. Une illustration parfaite de la cité phocéenne, mais aussi de l’état d’esprit du Bonporteau Festival, né dans la mixité des genres.

4 au 7 aoû, Plage de Bonporteau, Cavalaire-sur-Mer. Rens: cavalairesurmer.fr

photo: Siska © Clément Puig