25 Mar La mandoline en mouvement
Depuis 2009, le Festival International de Mandoline Classique (FIMAC) célèbre la vitalité de cet instrument. Fidèle à sa ligne artistique, définie par la mandoliniste Sabine Marzé, il revendique une approche transversale : faire dialoguer patrimoine et création, virtuosité et transmission. Sa 17e édition se teindra du 17 au 19 avril, au Palais de l’Agriculture à Nice.
Longtemps reléguée à l’image d’Épinal d’un folklore italien, la mandoline classique n’a pourtant jamais cessé de faire entendre ses accords dans l’histoire musicale européenne. Née au tournant des XVe et XVIe siècles, héritière de la mandore et des luths anciens, elle s’impose au XVIIIe siècle avec sa forme « napolitaine » – caisse bombée, cordes doubles et trémolo caractéristique – et séduit aussi bien les salons aristocratiques que les compositeurs. De Vivaldi à Mozart, en passant par Beethoven, son répertoire s’écrit en filigrane de la grande Histoire de la musique. Tombée un temps en désuétude, elle connaît aujourd’hui un regain spectaculaire, portée par une nouvelle génération d’interprètes – parmi lesquels Julien Martineau ou Avi Avital, déjà accueilli au FIMAC – et par un répertoire contemporain en pleine expansion, qui n’hésite pas à dialoguer avec le jazz et les musiques du monde.
Dès l’ouverture du festival, le ton sera donné avec le concert Dialogues de cordes, porté par Roi Dayan (mandoline) et Eugenio Palumbo (mandole). Un programme à large spectre, de Bach à Mozart, prolongé par des œuvres plus rares et des créations contemporaines, qui met en lumière la profondeur expressive de ces instruments. Le lendemain, la réflexion prend le relais avec une conférence-concert consacrée à la création aujourd’hui, en compagnie (entre autres) de Sabine Marzé, musicienne et directrice artistique du festival, et du compositeur Alain Fourchotte. Un éclairage précieux sur les enjeux d’un répertoire en constante mutation.
Point d’orgue du week-end, le concert de gala L’éclat des cordes embrasse le genre du concerto, allant du baroque italien aux couleurs brésiliennes, en passant par des créations contemporaines, dont celle de Philippe Loli. Une traversée des styles qui confirme le vaste potentiel de la mandoline à même de s’imposer en véritable instrument soliste, dialoguant pour l’occasion avec l’ensemble Incanto Musique à travers une palette sonore étonnamment riche.
Le FIMAC portera, comme il en a l’habitude, une attention particulière à la relève : le concert Jeunes talents mettra en lumière les musiciens de demain, tandis qu’une master-class, dirigée par Gertrud Weyhofen offrira un regard privilégié sur les coulisses de l’apprentissage. En contrepoint, une exposition de lutherie permettra d’approcher l’instrument au plus près, dans la précision du geste artisanal.
Enfin, le Trio Escualo viendra élargir encore les horizons avec un programme aux accents latino-américains, preuve supplémentaire que la mandoline, loin d’être restée figée dans un âge d’or révolu, continue d’explorer de nouveaux territoires.
17 au 19 avr, Palais de l’Agriculture, Nice. Rens: festivalmandoline.fr
photo : Gertrud Weyhofen et Thorsten Druecker au FIMAC 2025 © FIMAC