Le geste mis au défi de la musique

Le geste mis au défi de la musique

Le concept des Miniatures, qui avait vu le jour à l’occasion de l’édition du Printemps des Arts de Monte-Carlo en 2004, renaît deux décennies plus tard en postlude de l’édition 2026 du festival, du 16 au 19 avril. Il répond au même défi : imposer une partition au chorégraphe pour en faire jaillir une œuvre dansée.

Plusieurs compositions musicales de courte durée contribuent à l’émergence d’un tableau composé de pièces qui ont leur propre originalité. L’expérience initiale avait mené Jean-Christophe Maillot à imaginer sept univers captivants. Pour cette nouvelle aventure, il a convié quatre anciens interprètes de la compagnie, passés du côté de la création, à se confronter à l’exercice. Julien Guérin se frotte à la dynamique de l’écriture musicale de Martin Matalon, qui révèle une forme d’abstraction. Avec Caravansérail 2, il se laisse porter par les sensations qui émergent de l’écoute avant d’en explorer toutes les nuances pour lui donner corps, au prix parfois de suivre un chemin inattendu.

L’ancien danseur Francesco Nappa est un artiste qui revendique sa liberté. Au fil des ans, ses créations s’installent dans les théâtres d’Allemagne et d’Italie. Pour sa Miniature, il s’est laissé glisser au cœur de la musique pour imaginer des constructions puissantes. La partition de Violeta Cruz, Huit carrés rouges, lui offre un monde d’abstraction fait de lignes et de courbes dans lequel son art peut déployer toute son énergie.

Jeroen Verbruggen, dont l’originalité de l’approche chorégraphique est désormais bien connue pour avoir présenté plusieurs pièces sur la scène monégasque, s’inspirera de la musique d’Aurélien Dumont. Steps for Beasts that Never Were trouve son inspiration dans une nouvelle de Philip K. Dick, The Preserving Machine, dans laquelle les partitions sont transformées en animaux sauvages. Un thème insolite en totale adéquation avec l’imagination de l’artiste.

Mimoza Koike, pour sa part, s’est emparée de la partition de Misato Mochizuki pour offrir une vision très symbolique de la compagnie qui l’a accueillie en 2003. Sa pièce rend hommage aux danseurs de la première heure qui ont su donner tout leur éclat aux créations de Jean-Christophe Maillot. En s’inspirant du tsukumogami, une esthétique japonaise qui attribue une âme aux objets anciens, elle transpose le passage d’un art à la nouvelle génération. Sakiwaï – Wabi-sabi bloom permettra de retrouver sur scène Bernice Coppieters, Francesca Dolci, Annabelle Salmon, Gaëtan Morlotti et Asier Uriagereka.

Jean-Christophe Maillot reprendra quant à lui Lur-Itzalak (Ombres de terre en basque), s’inspirant d’une composition pour violon et violoncelle de Ramon Lazkano, et L’Ivresse, d’après une œuvre pour quatuor à cordes signée Bruno Mantovani

Quelques jours plus tard, la compagnie des Ballets de Monte-Carlo jouera les prolongations avec la présentation d’une version plus longue de Core Meu. Les œuvres de Jean-Christophe Maillot ne cessent d’évoluer car elles représentent pour lui le véritable symbole d’un spectacle vivant. Toujours accompagné de la musique jouée en direct par Antonio Castrignanò et ses musiciens, ce ballet sera encore plus intense et festif. Plus que jamais, le chorégraphe nous invite à partager une célébration de la vie !

Miniatures, 16 au 19 avr, Opéra de Monte-Carlo, Monaco • Core Meu, 28 au 30 avr, Grimaldi Forum, Monaco. Rens: balletsdemontecarlo.com, printempsdesarts.mc

photo : Les Ballets de Monte-Carlo – Miniature (2004) © DR

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