[Culture du soin] Quand l’art réinvente la perception

[Culture du soin] Quand l’art réinvente la perception

Le temps d’une soirée, l’art se fait expérience sensorielle et introspective. Le 12 avril à 19h , la Maison de la Médecine et de la Culture propose À l’écoute de la lumière, un rendez-vous à la croisée des arts et de la santé. Rendez-vous au 19 rue Saint-François-de-Paule à Nice, dans les locaux d’Art en Partage (1er étage).

Pensé comme un parcours immersif, l’événement réunira la peintre Fanny Quilleré, le plasticien Claude Garrandes, ainsi que le duo musical Graceland, formé par la pianiste Selin Atalay et le guitariste Anthony Malaussena. Ensemble, ils composeront une traversée sensible, où chaque univers artistique viendra enrichir l’autre, dans un jeu d’échos entre matière, son et image.

Chez Fanny Quilleré, la peinture devient territoire de perception. Inspirée par des paysages à la fois réels et rêvés, elle travaille l’huile sur papier pour faire émerger des formes où la nature semble filtrée par une vision intérieure. Atteinte de la maladie de Stargardt, qui altère la vision centrale, l’artiste revendique une esthétique façonnée par cette singularité. Son nom d’artiste, Fovea Nivalis (« Fovea », zone de l’œil touchée, « Nivalis », enneigé en latin), évoque d’ailleurs cette « neige » lumineuse qui redessine son rapport au visible.

Le parcours de Claude Garrandes, quant à lui, s’inscrit dans une démarche tout aussi singulière. Devenu non-voyant à l’adolescence, il développe une œuvre en volume, profondément poétique, nourrie de mémoire et d’imaginaire.

La musique, avec le duo Graceland, prolonge cette expérience sensorielle. Entre répertoires baroque, romantique, folk et contemporain, Selin Atalay et Anthony Malaussena tissent des paysages sonores aux accents cinématographiques. Une écriture musicale qui accompagne et amplifie les univers visuels, dans une continuité presque organique.

Au-delà de la performance artistique, À l’écoute de la lumière s’inscrit dans une réflexion plus large autour du lien entre art et santé. Ici, la fragilité n’est pas un frein mais une matière première, une source de création. L’événement invite ainsi à ralentir, à ressentir autrement, à porter une attention renouvelée à ce qui nous entoure – et, peut-être, à ce qui nous échappe.

12 avr 19h, Art en partage (19 rue Saint-François-de-Paule, 1er étage), Nice. Rens: medecine-culture.org