26 Juin Les Baroquiales : Real Strada
Portées par l’ensemble La Chambre depuis 8 ans, traçant un parcours de la Roya-Bévéra à Nice, Les Baroquiales étendent leur territoire avec de nouveaux lieux chaque année. La Real Strada – la route royale qui reliait Turin, capitale du royaume de Piémont-Sardaigne, à Nice – s’emprunte à tout âge et par tous les moyens, à la rencontre d’artistes qui viennent se produire au cœur d’architectures exceptionnelles et, cette année, autour de la figure d’Alexandre le Grand, de la folie créatrice et des femmes médiévales.
Alexandre le Grand, figure du jeune conquérant, stratège fulgurant et impitoyable, a aussi permis aux arts de se croiser, et son impact culturel a durablement marqué les civilisations d’Orient et d’Occident. Lorsque Haendel compose Le Festin d’Alexandre (Alexander’s Feast), il signe là son plus grand succès, immensément joué de son vivant et rassemblant davantage de spectateurs qu’aucune autre de ses œuvres. Cet oratorio aux vastes pages chorales marque une rupture avec l’opéra italien et ouvre l’art lyrique à des formes nouvelles, particulièrement appréciées du public. Trois cents ans plus tard, ce festin fera office de concert de clôture des Baroquiales à Sospel, terre historique de la musique baroque. Dirigé par le directeur artistique du festival, Jean-Sébastien Beauvais, il sera donné par l’ensemble La Chambre et le chœur de l’atelier du festival, dont la vingtaine de participants aura suivi un stage vocal de 5 jours au sanctuaire Notre-Dame de Laghet en amont.
Avant cela, du 5 au 12 juillet, la programmation se révèlera à la fois délicate et magistrale. L’ouverture se tiendra au monastère de Saorge, avec un programme de l’ensemble La Chambre, Au cœur de la nuit, repris le lendemain à Notre-Dame de Laghet. Sur des musiques de Roland de Lassus, quatre voix masculines se mêlent à une viole de gambe autour des Prophéties des Sibylles et de la Missa Pro Defunctis.
Sospel accueillera ensuite le concert-spectacle Dolce Follia, le 8 juillet en la cathédrale Saint-Michel. Le Concert de l’Hostel Dieu, dirigé par Franck-Emmanuel Comte, explorera les multiples visages de la folie créatrice, de la Folia née au Portugal à la fin du XVe siècle aux tarentelles des Suds italien et américain : un bain instrumental aussi virtuose qu’énergisant. Avec Trobaïritz, donné a cappella, les six chanteuses de l’ensemble Aïgal feront revivre les musiciennes et poétesses du pays occitan à travers des pièces médiévales et contemporaines. Un voyage temporel d’une grande liberté, proposé à La Providence, à Nice.
Puis, à Menton, la comédienne Ariane Issartel et la claveciniste Jeanne Jourquin mettront les lettres de Madame de Sévigné en musique. Cette femme du XVIIe siècle, libre et spirituelle, laissa quelque mille lettres à sa fille, témoignages d’un amour maternel intense et d’une observation aiguë des mœurs de son temps.
Avec cette édition intitulée Entre conquêtes et songes, les 28es Baroquiales offrent un programme où liberté, audace et fougue règnent en maîtresses. Alexandre inclus.
5 > 12 juil, lieux divers, Sospel, Saorge, La Trinité, Nice, Menton. Rens: lesbaroquiales.com
photo : Ensemble La Chambre, Les Baroquiales © DR