26 Juin Bien plus qu’une affaire de jazz !
Renommé Nice Jazz Fest depuis 2025, l’historique manifestation niçoise qui s’ouvre toujours plus aux musiques actuelles présente cette année 18 formations ayant, à coup sûr, une dette à payer au jazz, sans pour autant s’en réclamer forcément. Rendez-vous du 23 au 25 juillet.
On aura effectivement dans les oreilles un large panorama de styles et d’ambiances entraînantes, avec un point commun évident : le souci d’une pulsation dominante. Chacune des trois soirées proposera six groupes, alternant entre le Théâtre de Verdure et la scène Masséna, avec des horaires décalés de 30 à 45 minutes. De quoi permettre (si les musiciens tiennent les dits horaires…) une écoute jonglée entre les différents artistes.
Ce planisphère musical contrasté s’organise bien sûr autour de quelques grandes tendances. Et la formation qui incarne le mieux la continuité du jazz est certainement celle de James Carter. Avec son saxophone ténor au son profond et puissant, porté par une rythmique qui tourne comme une vieille Cadillac, celui qui incarna au cinéma la figure de Coleman Hawkins enchantera les amateurs. La voix charmeuse de Gabrielle Cavassa, qui ouvre ces trois soirées, vient également se nicher dans cette famille.
Autour de ces quelques orthodoxes, on remarque plusieurs représentants de ce que les Antilles ont apporté à la tradition jazzy. L’excellent pianiste Mario Canonge, qui aime autant les standards que la biguine, sera présent avec son trio. On retrouvera également Arnaud Dolmen et Laurent Coulondre au sein de The Getdown, formation à l’instrumentation étonnante et alléchante (orgue, piano, claviers électroniques, guitare, batterie…).
À quelques pas de là, Biréli Lagrène continue d’explorer l’univers manouche qui lui valut ses premiers succès d’enfant prodige. Mais le chemin aura été long et fructueux, l’amenant vers des styles bien différents, marqués par leur époque : les couleurs électriques, rock ou fusion ne lui font pas peur, pas plus que le souvenir des premières chansons baignées de swing, à l’époque des Collégiens de Ray Ventura.
Le reste de la programmation nous entraîne dans un tour du monde rêveur et trépidant. Il nous emmène vers une Afrique réinventée pour découvrir les derniers avatars de l’afrobeat, né au Nigeria mais aujourd’hui particulièrement florissant à Londres : Nubiyan Twist et Obongjayar en sont les représentants les plus marquants, tropicalisant avec bonheur le fog britannique. Un détour par le hip-hop avec les vétérans de Cymande, avant que Busta Rhymes ne nous éloigne de Londres en ajoutant une pincée de culture rasta, et la boucle est presque bouclée.
Reste à mentionner l’imposante et sympathique figure de Sting, dont l’élégance désinvolte mérite à elle seule le détour !
23 > 25 juil, Théâtre de Verdure & Place Masséna, Nice. Rens: nicejazzfest.fr
photo : Sting © Carter B. Smith