20 Juil Calder, l’équilibre en mouvement
Cet été à Hyères, La Banque, musée des Cultures et du Paysage propose, en partenariat avec la Fondation Maeght, une plongée dans l’univers d’un artiste qui a renouvelé la sculpture du XXe siècle. L’exposition Calder, équilibre en couleursréunit 69 œuvres – mobiles, bronzes, gouaches, lithographies et dessins à l’encre – et retrace les grandes étapes d’un parcours où le mouvement devient matière.
Avant de créer les célèbres mobiles qui feront sa renommée, Alexander Calder débute comme illustrateur de presse à New York. Ses dessins d’animaux, réalisés au zoo du Bronx ou à Central Park, révèlent déjà un trait vif et spontané. La découverte de l’univers des cirques Ringling Bros. et Barnum & Bailey nourrit ensuite une fascination durable pour le spectacle. Cette période est évoquée à travers une série d’encres sur papier, tandis que les premiers jouets mécaniques conçus à Paris annoncent le célèbre Cirque Calder, œuvre fondatrice de son langage artistique.
Sa rencontre avec Piet Mondrian, en 1930, marque un véritable tournant. Calder abandonne progressivement la figuration pour explorer l’abstraction, limitant volontairement sa palette au rouge, au jaune et au bleu, auxquels s’ajoutent le noir et le blanc. Inspirées autant par les recherches géométriques de Mondrian que par l’univers poétique de Joan Miró, ses formes semblent flotter dans l’espace, évoquant feuilles, pétales ou silhouettes organiques. En 1931, Marcel Duchamp forge le terme de « mobile » pour désigner ces sculptures animées par le moindre souffle d’air, tandis que Jean Arp baptise « stabiles » les sculptures fixes.
Calder développe ensuite les « animobiles », où une structure fixe dialogue avec des éléments en mouvement. Le parcours révèle également une facette moins connue de son œuvre : son travail du bronze. Fils et petit-fils de sculpteurs, Calder détourne ce matériau traditionnel pour lui insuffler une impression de légèreté et de mouvement avant de l’abandonner, jugeant son procédé de fabrication trop contraignant.
Enfin, l’exposition souligne les liens privilégiés qui unissent l’artiste au couple Aimé et Marguerite Maeght. Née de leur rencontre en 1947, leur amitié a largement contribué à la diffusion de son œuvre. Une histoire dont la Fondation Maeght, qu’ils ont créé à Saint-Paul-de-Vence, demeure aujourd’hui un témoin majeur, et que cette exposition hyéroise restitue avec justesse à travers un ensemble riche et cohérent.
11 juil > 31 oct, La Banque, musée des Cultures et du Paysage, Hyères. Rens: FB MuseeHyeres
photo : Autres têtards, 1976, lithographie originale en couleurs sur Rives, 58 x 78 cm. Collection Fondation Maeght © Photos Claude Germain – Archives Fondation Maeght © 2026 Calder Foundation, New York / ADAGP, Paris