20 Juil Jazz aux Décades, l’esprit de famille
Un nouveau festival, c’est toujours une bonne nouvelle ! Le 1er Jazz aux Décades est une jolie proposition de deux jours de jazz pour quatre concerts. Et ça se passe les 8 et 9 août, à Roquefort-les-Pins.
Au menu, un éventail de climats différents et d’origines diverses, même si quelques musiciens peuvent passer d’une formation à l’autre – signe d’une camaraderie vagabonde, d’un réel amour de la musique et d’une certaine modestie : le leader d’un ensemble peut se retrouver sideman dans un autre, simple compagnon de route au service de l’univers musical d’un collègue. Un bel événement initié par le jeune maire de Roquefort-les-Pins Ewan Corinaldesi, qui a eu le bon goût de s’associer aux programmateurs Alban Leloup et Thomas Layrac, déjà à l’origine du très bon Peillon Jazz Festival.
Ce Jazz aux Décades commencera avec le trio de Shai Maestro, un artiste trop rare en France. Pianiste et compositeur d’origine israélienne, installé aux États-Unis, il aime la France, mais le hasard des tournées ne l’y conduit pas tous les quatre matins. Avec son dernier trio, il présentera son répertoire le plus récent, The Guesthouse, qui témoigne de son attachement à des cultures multiples, européennes et méditerranéennes… Virtuose lyrique à l’occasion, il possède un langage parfaitement maîtrisé : les lignes sont le plus souvent claires, magnifiquement dessinées, avec un art de la profondeur de champ. On est parfois délibérément dans le flou, mais jamais dans le brouillon, comme dans ces photos où certains plans sont nets, tandis que d’autres, devant, derrière ou à côté, flottent, vaporeux.
Accents bien différents pour la deuxième partie de soirée : Ludovic Louis est un trompettiste né dans l’Hexagone et basé à Los Angeles, mais ses influences et ses inspirations se souviennent souvent des îles ultramarines : un déhanchement volontiers funky qui appelle l’ondulation, un son doux et précis à la trompette et un goût évident pour les ballades à la beauté tranquille. Une belle équipe l’accompagne, avec notamment le remarquable guitariste Anthony Jambon !
La seconde soirée du festival commencera avec Fred Nardin, pianiste swinguant et élégant qui réserve quelques surprises et des invités inattendus autour de sa rythmique : le batteur Romain Sarron et Viktor Nyberg, à la contrebasse mate et mélodieuse.
On terminera avec Stefano Di Battista et son orchestre franco-italien, réunis autour de La Dolce Vita, titre de son dernier album. Au saxophone alto – et de plus en plus au saxophone soprano –, il incarne, avec une fougue frémissante et une sonorité incandescente, le croisement de traditions diverses : le hard bop brûlant des années 1950 à New York, contemporain de tout un bonheur romantique à l’italienne. Appétit de vivre et douceur de la vie s’étreignent dans une ivresse délicieuse et dansante !
8 > 9 aou, Jardin des Décades, Roquefort-les-Pins. Rens: ville-roquefort-les-pins.fr
photo : Shai Masestro © DR