La Culture pour « bâtir une Dracénie sobre »

La Culture pour « bâtir une Dracénie sobre »

Avec 196 événements, dont 99 % gratuits, la saison culturelle 2026-2027 de Dracénie Provence Verdon Agglomération (DPVa) conjugue création, transmission et responsabilité citoyenne. Du patrimoine à l’art contemporain, des médiathèques au conservatoire, elle invite à mieux connaître le territoire pour mieux comprendre le monde.

« Soutenir le vivant. » En présentant cette nouvelle saison, Richard Strambio, 1er vice-président délégué à la culture de DPVa et maire de Draguignan, en a résumé l’ambition : faire de la programmation un espace commun, plutôt qu’une simple succession de rendez-vous. Évoquant l’entrée de Marc Bloch au Panthéon, l’élu a rappelé le rôle essentiel que joue la fonction civique dans le domaine de la Culture : transmettre, relier et donner des outils pour penser le présent.

Cette orientation traverse une saison qui entend contribuer à « bâtir une Dracénie sobre » : sciences, environnement, pratiques durables et observation du vivant irriguent ainsi les propositions. Et le programme donne la mesure de l’effort : 28 expositions, 13 rencontres, 11 projections, 42 ateliers, 52 concerts et spectacles, 19 conférences et 31 auditions d’élèves. Soit 196 événements, gratuits à 99 %, pour faire circuler œuvres et savoirs au plus près des habitants.

L’histoire au présent

En 2025, l’obtention du label national Pays d’art et d’histoire a par ailleurs marqué un tournant. Celui-ci souligne le travail accompli pour préserver les héritages de la Dracénie tout en les remettant en mouvement. Le temps fort Archéologie d’ici et d’ailleurs en offrira une première démonstration. De septembre à janvier, expositions de Lydia Kasparian et Francis Vauban, grand colloque sur Les ensembles funéraires dans les campagnes de la Gaule romaine, mais aussi conférences et ateliers relieront les vestiges locaux aux sociétés anciennes d’Arménie, d’Égypte, ou de Tunisie. De quoi voyager, et sensibiliser à la fragilité des traces laissées par les civilisations.

Une Histoire qui se raconte également depuis celles qui ont souvent été marginalisées par patriarcat dominant. Du 13 au 15 novembre, Le pastoralisme au féminin mettra en lumière la place des femmes dans l’agriculture et l’élevage, leurs savoir-faire, les inégalités persistantes et leur réelle contribution aux modèles agroécologiques. Tables rondes, documentaire ou encore conférence sur le village de Brovès, sacrifié pour la création du camp militaire de Canjuers, feront dialoguer mémoire locale, enjeux sociaux et rapport durable au territoire. Au printemps, le temps fort Les Demoiselles de Leyronnas célèbrera quant à lui le Bicentenaire de la Photographie, avec un hommage à deux photographes dracénoises du XXe siècle, Simonne et Geneviève de Leyronnas, dont les images constituent une précieuse documentation sur la vie locale : une manière de compléter l’album collectif en y rendant enfin visibles ses autrices.

Créer avec tous les sens

Le dialogue entre héritage et création contemporaine sera constant, et s’affiche d’ailleurs dès la charte graphique de la saison, confiée à Zoé Papillon. La plasticienne, adepte de collages mêlant photographies anciennes, couleurs et humour, exposera à l’Espace Papiers du Pôle culturel Chabran du 19 septembre au 2 janvier. Son univers, qui offre une seconde vie à des figures anonymes, résume l’esprit de la saison : déplacer les images reçues pour produire de nouveaux récits.

L’artothèque prolonge encore cette circulation des formes avec la 34e édition de L’Été contemporain, parcours à travers Draguignan réunissant plusieurs artistes (voir page 14), tandis que le printemps 2027 dévoilera des Émanations olfactives qui transformeront la Chapelle du Bon Pasteur en expérience sensorielle, grâce aux illustrations de 100DRINE, aux porcelaines de Juli About et au travail du parfumeur Anatole Lebreton. Des savoir-faire liés au parfum qui trouveront parallèlement un écho au musée Honoré Camos de Bargemon.

Des notes et des mots

Du côté du conservatoire, les cycles Autour de... continuent d’associer pédagogie et programmation professionnelle. La musique de chambre sera notamment abordée lors d’un concert décalé du Yako Quartet qui fera dialoguer Schubert et Dvořák… avec Led Zeppelin, AC/DC ou Metallica ! En février, Daphnis & Chloé, porté par l’Ensemble MARTO et les élèves dracénois, croisera la musique de Ravel, la danse et les percussions, dans le cadre d’un cycle sur l’Impressionnisme. Puis on fera un voyage au cœur des musiques traditionnelles, avec une étape en compagnie de Tristan Le Govic qui rendra hommage à Kristen Noguès, figure majeure de la harpe celtique.

Le réseau des médiathèques concentrera une grande partie des innombrables rendez-vous de cette saison, avec des lectures, conférences, rencontres, ateliers, projections, rendez-vous ludiques et numériques… Elles ouvriront l’automne avec le cycle Au plaisir des mots, lors duquel le spectacle de la Cie TSF, Rire 2 tous les mots, prendra la forme d’une émission de radio littéraire et surréaliste ! Puis Clémentine Beauvais viendra interroger le plaisir de lire et sa transmission, en décembre. 

Les plus jeunes retrouveront, entre autres, l’auteur-illustrateur Julien Béziat et sa Bande à Berk, tandis que le cycle Observations scientifiques rappellera que la connaissance commence souvent par un regard attentif posé sur une minuscule bestiole. Avec le biologiste et dessinateur Gilles Macagno, humour, bande dessinée et sciences naturelles avanceront de concert. Enfin, le traditionnel rendez-vous Les Enfants Terribles, qui convie cette année la Cie Les Cailloux Brûlants et l’autrice-illustratrice Amélie Jackowski, refermera la saison en s’adressant aux tout-petits, avec concerts, contes et spectacles adaptés dès 9 mois.

De la mémoire pastorale aux expériences olfactives, de l’archéologie aux petites bêtes, cette saison ne choisit pas entre conserver et inventer. Elle fait du patrimoine une ressource et, de la création un outil d’émancipation, qui irrigueront une programmation enracinée dans la Dracénie, tout en veillant à élargir son champ de vision pour regarder au-delà de ses frontières et tenter, collectivement, de mieux habiter le présent.

Rens: culture.dracenie.com

photo : Présentation de la saison culturelle 2026-2027 de DPVa © Francis Vauban