Pierre Richard la joue jazz !

Pierre Richard la joue jazz !

Accompagné du Swingin’Affair Quartet où joue son fils Olivier Defays, Pierre Richard se raconte en musique, entre souvenirs de tournage, cinéma et improvisations jazz. Une rencontre où les thèmes de films se mêlent aux anecdotes et à la mémoire d’un acteur qui n’a rien perdu de son goût pour le jeu.

Un acteur connu face au quartet où joue son fils… Un grand blond qui prend de l’âge (comme nous tous) évoque, devant la bande des amis de son fils, sa carrière, ses souvenirs et ses admirations cinématographiques : on improvise. Mais qu’est-ce que le jazz, sinon l’improvisation ? Le risque, mi-précis, mi-je-m’en-foutiste, de suivre la phrase là où elle vous conduit !

Pierre Richard, avec sa diction qui s’emballe et trébuche, son bafouillis explicite dès le premier mot, se remémore en rêvant des tournages, des films qui l’ont frappé tout comme ils ont marqué l’histoire du cinéma. Et le quartet suit, glisse sur les souvenirs du Distrait ou du Grand Blond, qui dira tout. Droit dans le mur, le quartet suit : deux saxophones, un orgue Hammond, une batterie. Et la basse alors ? Mais puisqu’on vous dit qu’il y a un orgue… la main gauche s’en chargera !

Reste à balancer entre cette fausse maladresse, cette voix qu’on reconnaît et des thèmes facilement transformés, qu’on fait swinguer à l’aveuglette comme on ferait de toute autre mélodie. C’est ici qu’est le danger : à ce compte-là, n’importe quelle musique se transforme en jazz grâce à une syncope bien placée. C’est là aussi qu’on voit où le métier, le goût et une certaine distinction rattrapent la gageure : on ne se laisse pas aller à la facilité et on embraye sur un Gendarme, un Titanic ou un Vieux Fusil : on plaque son accent sur notre mémoire collective des écrans noirs.

29 sep, Anthéa, Antibes. Rens: anthea-antibes.fr

photo : Pierre Richard & Swingin’Affair © Claire Vinson