Danser la contestation

Danser la contestation

Avec Vaudou Game, Peter Solo fait danser le highlife togolais sur des rythmes afro-funk, entre revendications sociales, influences africaines et énergie collective. A découvrir le 25 septembre à l’occasion du Sophia Live Music, et le 2 octobre au Telegraphe à Toulon.

Vaudou Game en concert, ça ne se rate pas si on souhaite décrasser sa vie ! Dansant et insouciant, les rythmes du groupe s’appuient sur des pilotis qui chaloupent. Pourtant ancrés jusqu’aux genoux dans un rythme dont la mémoire est dans le corps de tous ceux qui ont frôlé la musique africaine, chaque morceau appelle au déhanchement joyeux : le highlife – né du croisement entre chants d’églises, jazz, musique militaire et musique traditionnelle – n’est pas mort, relayé par une spirale de souvenirs différents et des mélodies funambules où l’on reconnaît immédiatement l’Afrique de l’Ouest : à son dessin d’abord, à son timbre ensuite, aussitôt adossé à un chœur féminin : les Nana Benz, sœurs cadettes des célèbres Mama Benz qui portent à bout de bras l’économie informelle du continent.

Et derrière ces ondulations si typiquement africaines, un autre soubassement se fait entendre, proche de la cumbia… Les morceaux se succèdent, politisés, narquois, provocants, en français souvent, en mina parfois, l’une des langues les plus parlées au Togo. Car Peter Solo, même s’il a passé une partie de sa vie à Lyon, vient bien de ce petit pays vertical et longiligne, fièrement coincé entre le Nigeria et le Bénin. Il se fait volontiers accompagner par Lomevio, avec sa voix, sa guitare aux éclats étouffés et son accordéon, pour revenir à ses protestations favorites.

Musique du monde ? Musique des mondes plutôt, trait d’union entre l’Ancien et le Nouveau, qui renouvelle un afro-funk convaincant. Contre quoi proteste-t-il ? L’important est de protester, et il s’y entend : du Ça ira au C’est pas vrai, en passant par Donne un peu, mais surtout par Râler, en évoquant La Dette, c’est tout un tour de chant en forme de manif qui est évoqué. On défile au rythme, insolemment répété, de ce qu’on n’a pas, qui nous manque et qu’on aimerait bien avoir… et chanter la frustration se substitue bientôt à ce qu’on guigne : manger sa faim nourrit !

25 sep, Pinède du Resort Mercure Antibes Sophia Antipolis. Rens: sophialivemusic.com
2 oct, Le Telegraphe, Toulon. Rens: letelegraphe.org

photo : Vaudou Game © Arnold Anani