Terrible Cocteau

Terrible Cocteau

Trait d’union entre la saison passée et celle à venir, le Théâtre National de Nice a pensé pour le public un joli Préambule d’Automne. Cinq spectacles flamboyants comme un bouquet automnal, composé de Goldoni, Goldoni encore, Marivaux, Larsene Magie et enfin celui qui nous intéresse ici : Les parents terribles. À vos réservations !

Cocteau, l’enfant terrible du théâtre, avait déjà largement flirté avec le thème antique, lorsqu’il eut l’idée de cette nouvelle pièce. Orphée, Oedipe roi, Antigone… Autant de sujets vénéneux évoqués sous sa plume avec la subtilité d’un alchimiste. Pour autant Les parents terribles, initialement écrit en 1938 pour Louis Jouvet (dans le rôle du père), qui trouva l’oeuvre “admirable”, avant de se désister, déclenchera les foudres de la censure. Censure pétainiste aux semelles lourdes, qui oublie dans son inculture que le théâtre antique est fait d’incestes et de noeuds familiaux, ce qui ne veut pas dire grandchose à l’aune de l’art… Jean Marais, esprit de sel du théâtre de Cocteau, incarna quant à lui un Michel étincelant, avant de reprendre le rôle de Georges, le patriarche, bien plus tard… Autant de réminiscences qui rendent la pièce proposée par le TNN, puis en octobre par le Théâtre Liberté à Toulon, précieuse et unique.

L’histoire est simple: Georges et Yvonne vivent dans un minuscule appartement, avec leur fils Michel comme unique centre d’intérêt, et la soeur d’Yvonne, Léonie, vieille fille mise de côté il y a bien longtemps. La mécanique foutraque de cette tribu ne va pas si mal jusqu’au jour où Michel a l’outrecuidance de prendre une amoureuse… Ce qui fait dérailler Maman, Papa, Tatie, tout le monde. Voilà donc ce réjouissant objet hybride, mi-sujet antique, mi-vaudeville, présenté aujourd’hui avec une affiche de luxe : Charles Berling, directeur de Châteauvallon – Le Liberté, et son fils Emile, Muriel Mayette-Holtz, directrice du TNN, en mère dévorante, et Maria de Medeiros en tante Léonie. Autant de promesses pour un jeu passionné, faisant écrin à ce bijou signé Cocteau et mis en scène par Christophe Perton.

29 sep au 3 oct, Théâtre National de Nice. Rens: tnn.fr / 7 au 10 oct, Théâtre Liberté, Toulon. Rens: chateauvallon-liberte.fr
(photos: 1- Charles Berling © Ben Dauchez / 2- Muriel Mayette-Holtz © G.H)
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