L’important, c’est d’aimer (le sport)

L’important, c’est d’aimer (le sport)

Un visage tanné par le soleil, un œil malicieux, un sourire indéboulonnable. C’est Gérard Holtz. Nous l’aimons comme un tonton, quelqu’un devenu membre de la famille à force de s’être invité dans nos salons par la petite lucarne. Et quel autre cicerone pour nous guider à travers cette balade en Olympie ? Celui qui nous lança son “Vive le sport !” à l’enthousiasme communicatif durant… nous ne dirons pas combien de lustres, pour ne pas le froisser. Mais le revoici, sur les planches du Théâtre de Grasse, sous la direction de sa chère et tendre épouse Muriel Mayotte-Holtz, pour nous livrer des mégatonnes d’anecdotes et de secrets transpirants, croustillants, et glanés de première main.

Le Paris-Nice en avril ; le doux bruit de la petite balle jaune qui “ploppe” sur la terre battue, en mai ; le sifflement soyeux des dérailleurs en juillet, tandis que le peloton franchit le Tourmalet… C’est l’éphéméride du sportif en herbe, sans quoi toute son année est chamboulée, ses souvenirs d’enfance affadis.

Et que dire de ces orgies quadri-annuelles où l’on devient expert en javelot, natation synchronisée, ou pentathlon… Ou encore de la Coupe du Monde de foot, folie collective où même votre servante se transforme en tifosa, elle qui, jetant l’anathème le jour d’avant sur le salaire qatari indécent d’un joueur, accroche haut ses doubles couleurs, celles des Bleus, et de la Team Melli… Mais oui mesdames et messieurs, c’est la grande schizophrénie de l’Homo sportivus. Nous sommes presque tous compétiteurs dans l’âme, supporters passionnés, fussions-nous des sportifs de coussins et de salon.

Du pain et des jeux” lancent, condescendants, ceux qui sont imperméables à la fièvre du stade. Mais si l’on enlève les scories, la gangue faite de corruption, de dopage, d’arrivisme, étincelle bel et bien ici l’héroïsme ultime, l’Homme seul face à l’exploit, au dépassement, digne garant des valeurs olympiques.

Pour autant… “L’important est de participer“, dites-vous ? C’est vite dit. Pas pour cet athlète qui était un homme travesti, ou pour ce roi du tour de passe-passe de la fiole de pipi… Pas même pour ces cyclistes qui abandonnèrent le Tour, par un jour trop brûlant, pour piquer une tête dans la mer. Pour eux, l’important était de s’amuser… Peut-être la plus grande des sagesses, dans cette folie. Et au fait, elle n’est même pas de Coubertin, cette phrase, il l’a piquée. Ha ! Pour en savoir davantage, il faudra venir écouter Gégé raconter le sport (et ses petits secrets).

2 oct 16h & 20h, Théâtre de Grasse. Rens : theatredegrasse.com

(photo : Vive le sport, Gérard Holtz © Sophie Boulet / Starface)