Salement bien

Salement bien

Entre sa passion pour l’environnement et sa passion pour la scène, David Wahl n’a jamais choisi. Et il a bien raison, car il est aussi inspiré pour l’une que pour l’autre. C’est ainsi que, en inlassable observateur du monde, il teste notre société, notre rapport à la nature, à la pollution, bref, à l’écologie. Laissez-vous embarquer dans sa grande machine à recycler (les idées, les choses, tout !) à travers deux créations engagées, drôles, érudites et passionnantes au Forum Aggloscènes : Histoires de fouilles et Le sale discours.

Nous avons tous en tête ce cliché picaresque (teinté d’autosatisfaction parfumée en général) : l’homme du Moyen-âge qui se lave toutes les Saint-Glinglin, vide les pots de chambre par les fenêtres, patauge dans la peste bubonique, ou la fange en général, comme son bétail… Nonobstant, la pollution de l’eau, de la terre et de l’air, les marées noires et le continent plastique sont des créations modernes… Au « Moyen-âge », pour reprendre cette image d’Épinal, les logis étaient malpropres, peut-être, mais la nature était pure. Prenant donc à rebours l’axiome qui veut que l’homme soit de plus en plus « propre » (son hygiène corporelle, son habitat, ses hôpitaux…), David Wahl nous interroge : Pourquoi le monde nous paraît alors de plus en plus sale ? Et d’abord qu’est-ce que le sale ?

Prenez un tas de fumier : il peut nous paraître dégoûtant, pour autant c’est du naturel, du recyclage, et du nutriment qui de nouveau engendre la vie. C’est donc du très beau. Nous devrions vénérer le fumier, et nous méfier de ce qui rutile, de ce qui est trop lisse ou sent trop bon pour être honnête, globalement. Cela, c’est le paradoxe du Sale discours, ou comment effectuer une promenade dans l’Histoire à la recherche de ces notions de saleté et d’hygiène qui faussent les perspectives. Voilà un éclairage souvent édifiant pour le jeune public, l’auditoire préféré de David Wahl.

Tandis que dans Histoires de fouilles, il vous invite (vous, pitchouns, écolos du futur) tels des paléontologues, autour d’un bac à sable, à une joyeuse exhumation de fossiles d’un genre particulier… De là s’amorce un voyage plein de fantaisie dans l’histoire de ces « choses », et une mise en lumière ludique de nos sales petites habitudes de Terriens… Avec cela, si on n’a pas encore réussi à nettoyer le monde, mais on a du moins réussi à purifier son esprit, à s’aérer les neurones d’un air supérieurement frais, et c’est déjà ça.

Histoires de fouilles: 13 oct 10h & 15h / Le sale discours: 15 oct 20h30. Forum Aggloscènes, Fréjus. Rens: theatreleforum.fr

(photo : David Wahl, Le sale discours © Erwan-Floch)