Théâtre du Rocher, 50 ans de passion(s)

Théâtre du Rocher, 50 ans de passion(s)

À La Garde, près de Toulon, le Théâtre du Rocher est sur le point de fêter non pas un anniversaire mais deux : d’abord ses 50 ans, le 14 février prochain. Puis les 50 ans de la mort de Marcel Pagnol. Entretien avec Lorraine Brahim, programmatrice aux côtés de Cyril Hautcœur.

Le Théâtre du Rocher célèbre bientôt ses 50 ans. Racontez-nous son histoire passionnante.

l s’agit effectivement d’une histoire incroyable. Ce théâtre est né de la volonté de la ville de La Garde qui ne comptait que 12 000 habitants à l’époque, en 1972. Une petite ville avec une idée un peu folle : créer une salle de spectacle vivant en cœur de ville, en faire un lieu phare du paysage artistique local, via une programmation audacieuse, le tout adossé à une salle de cinéma, classée Art et Essai depuis 1977. Et en point d’orgue, l’accueil de compagnies en résidence.

Nous rendons aussi hommage à César Gattegno, et à sa compagnie. Il sera le premier à diriger notre Théâtre alors en construction. Et ce durant 20 ans, de 1974 à 1994. C’est lui, musicien, marionnettiste, comédien de théâtre et de cinéma, qui en a fait ce lieu unique capable de faire résonner la culture vivante dans toute la Provence.

Par la suite, le tandem Yves Borrini et Maryse Courbet animera Le Rocher pendant 16 ans, via leur Cie Le Bruit des Hommes. Puis depuis 2010, c’est au tour du Cabinet de curiosités. L’accueil de compagnies en résidence, c’est toujours l’ADN de notre théâtre, ce qui le différencie d’autres structures varoises. C’est aussi une occasion unique de travailler avec les écoles de la commune.

Vous êtes l’une des deux responsables de la programmation du Rocher. Comment vous partagez-vous les rôles ?

J’ai rejoint la programmation du Rocher depuis un peu plus de 2 ans et Cyril Hautcœur a de son côté plus de 20 ans d’expérience à ce poste. Nous formons un très beau binôme, très complémentaire et très engagé (voir encadré Parcours croisés ci-contre).

La curiosité est un joli défaut, tel est le slogan du Théâtre du Rocher cette saison.

Pour cette année, l’enjeu de la programmation était de susciter la curiosité. J’avais envie de proposer un nouveau regard, comme avec La claque de Fred Radix, au cours duquel le spectateur sera sollicité. Un « spect-acteur » ! Nous voulions mettre en avant l’envers du décor, avec une conférence sur le rire par exemple. Comme l’écrit la maire de notre ville Hélène Arnaud-Bill, notre « théâtre fait tomber le 4e Mur, pour vous immerger dans l’univers des spectacles et des comédiens ».

Nous voulions renforcer cette complicité du spectateur avec le comédien. Le théâtre, c’est tellement différent du cinéma. Il existe ce côté événement unique, expérience touchante, haletante. On veut créer une émotion, se poser des questions… Il faut que ça chamboule le théâtre !

Quel rôle joue le cinéma Le Rocher dans cette saison ?

Nous n’arrivons pas à savoir lequel, du cinéma ou du théâtre, est arrivé le premier à La Garde ! En tous cas, nous sommes indéfectiblement partenaires, sur de nombreux événements et spectacles. Avec Valérie Bersia, programmatrice du cinéma, nous avons travaillé ensemble pour construire l’événement Marcel Pagnol notamment, qui se déroulera en mai et juin prochains. Ainsi nous proposons Marius au théâtre (28-29 mai) et le cinéma projettera Fanny et César afin que le public dispose de l’ensemble de la trilogie. Pour Angèle (14-15 mai), le public assistera au texte et au tournage du film.

Nous avons travaillé également de concert sur la 17e édition du FIMé, Festival international des musiques d’écran. Il existe toujours un clin d’œil entre le théâtre et le cinéma.

Que prévoyez-vous célébrer les 50 ans du Théâtre ?

Même si la date anniversaire tombe le 14 février, nous avons choisi de décaler les festivités vers décembre. Nous laissons la programmation de la saison se dérouler, le festival Pagnol passer, et en décembre, un événement surprise sera prévu, avec les trois compagnies fondatrices du Rocher, qui ont toutes un lien, et ont été indispensables à l’évolution du lieu. D’ailleurs, on retrouve un peu de chacun dans chaque compagnie. Nous portons un regard bienveillant sur cet événement, c’est un exercice de mémoire collective. En tant que gardéenne, je suis très attachée à ma commune. Je travaille pour la ville depuis mon enfance. 

Autre surprise à venir, le futur pôle culturel qui devrait être terminé pour septembre 2025 et la prochaine saison. Nous vous en reparlerons !

PARCOURS CROISÉS
Lorraine Brahim et Cyril Hautcœur sont les deux responsables de la programmation du Théâtre du Rocher de La Garde. Possédant une très bonne connaissance des métiers techniques du spectacle et de l’histoire de l’art, Lorraine Brahim a été notamment habilleuse au Théâtre Liberté à Toulon, au Théâtre de Nice, à l’Opéra de Toulon, à l’Opéra National de Paris pendant 9 ans et à la Comédie Française pendant plus de 13 ans. Gardéenne d’origine, elle est devenue chargée des Manifestations culturelles de la Mairie de La Garde avant de devenir co-responsable de la programmation du Rocher.
Sensible à toutes les formes d’arts, maîtrisant la mise en œuvre de projets culturels, Cyril Hautcœur a pour sa part rejoint l’équipe du service culturel du Théâtre du Rocher il y a plus de 20 ans. Très bien accompagné, il apprend toutes les ficelles du métier de programmateur. En deux décennies, il a pu analyser des centaines de spectacles et de concerts, et affûter son regard sur les créations artistiques. Année après année, ce passionné trouve toujours comment faire « une belle saison au Théâtre du Rocher…« 

Théâtre du Rocher, La Garde. Rens : ville-lagarde.fr – FB LeRocher83

photo : Vue extérieure du Théâtre du Rocher© DR

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