Le Kid en haut de l’affiche

Le Kid en haut de l’affiche

Après Goscinny, Louis de Funès et Romy Schneider, le Musée Éphémère du Cinéma de Cannes braque les projecteurs sur Charlie Chaplin avec un gros plan sur son premier film The Kid, du 9 juillet au 25 août au Palais des Festivals.

Créé en collaboration avec Yves Durand, concepteur du Chaplin’s World en Suisse, ce Musée éphémère du Cinéma 2024 remet dans l’actualité le premier long métrage de Charlie Chaplin et dévoile son parcours extraordinaire, de la plus grande misère à la gloire mondiale. La visite comprend plusieurs espaces pédagogiques immersifs dédiés au film The Kid et met en lumière de nombreux détails autobiographiques de Charlie Chaplin, alias Charlot, entre humour et émotions.

L’exposition, dont la scénographie est conçue par Pascal Rodriguez et se compose de 11 espaces, débute par une immersion dans les coulisses du film :
le Londres du XIXe siècle et la découverte des lettres de la mère de Chaplin, alors internée en hôpital psychiatrique, et de son frère Sydney. Des documents qui permettent d’aborder la genèse, le cœur même du film : l’enfance de Chaplin. Car ce film muet sorti en février 1921, qui fut l’un des plus grands succès commerciaux de l’année – derrière Les 4 cavaliers de l’Apocalypse de Rex Ingram –, raconte l’histoire d’un nouveau-né abandonné par terre dans une ruelle et recueilli par un pauvre vitrier (interprété par Charlot) et les (més)aventures qui suivent leur rencontre. Plus d’un siècle après les premières projections, The Kid, avec son arrière-plan sociologique, a conservé sa fraîcheur, sa simplicité, sa magie, sa drôlerie. Son succès phénoménal a traversé les continents et les décennies. 

Au gré des différents espaces seront présentés : ici le témoignage de Michael Chaplin, fils de Charlie Chaplin, permettant ainsi de mieux connaître le père derrière le créateur de génie, là des séquences consacrées à la carrière de John Leslie Coogan, dit « Jacky », né en 1914 et décédé en 1984, qui interprète le rôle-titre du Kid. Enfant-star du début du XXe siècle, il avait déjà fait une apparition dans un précédent film de Chaplin, Une journée de plaisir (1919), après avoir débuté deux ans plus tôt en « interprétant » un bébé dans un film de Harry Beaumont, Skippers Baby. Dans les années 20, il tournera une vingtaine de films et sera considéré comme « le garçon le plus célèbre d’Amérique« , dont la popularité, disait-on à l’époque, « dépassait celle de Rudolf Valentino et de Douglas Fairbanks« . On le verra encore chez Chaplin dans Nice and Friendly (1922) et il sera Oliver Twist pour Franck Lloyd, la même année. A la fin des années 30, il devient un acteur de théâtre, puis, possédant des aptitudes de pilote civil, demande à être enrôlé dans l’aviation lors de la Seconde Guerre Mondiale. Il poursuivra sa carrière jusque dans les années 80, au cinéma et à la télévision, interprétant notamment l’Oncle Fester dans la série à succès La famille Addams. Il aura joué dans des comédies plus ou moins réussies, comme La strip-teaseuse effarouchée de Boris Sagal (1965), avec un certain Elvis (!), mais aussi dans des films policiers, et même des westerns, tel Les cordes de la potence d’Andrew Mc Laglen (1973), avec John Wayne.

En marge de l’exposition, le Musée éphémère du Cinéma proposera également des spectacles de lanternes magiques, des ateliers (en partenariat avec l’association Cannes Cinéma), une exposition de photographies réalisées par la famille cannoise Traverso sur le thème Musique et Cinéma… Mais aussi un ciné-concert, le 30 juillet, lors duquel l’Orchestre National de Cannes, sous la direction de Benjamin Levy, sublimera l’univers tragi-comique de cet immense chef d’œuvre du cinéma muet. Enfin, rappelons que la ville de Cannes rend un hommage permanent à Charlot (et son Kid) avec une fresque murale visible au 10 boulevard Vallombrosa.

Exposition, 9 juil au 25 aou •  Ciné-concert, 30 juil. Palais des Festivals, Cannes. Rens:  cannes.com – palaisdesfestivals.com

photo : © Roy Export Company Ltd.