30 Oct La Licorne : premiers cris de la saison
Le Théâtre de la Licorne a donné le top départ de sa saison culturelle 2024-2025, le 12 octobre dernier. À l’affiche jusqu’en juin : 41 spectacles, soit près d’une dizaine de plus que la saison dernière !
La Mairie de Cannes est plus que jamais sur le pont : pionnière du programme 100% EAC (éducation artistique et culturelle), lancé en 2017, elle accueillera 118 représentations entre octobre et juin, dont près de la moitié spécialement dédiée aux scolaires, aux enfants des crèches et aux étudiants – sans compter les nombreux ateliers proposés dans les établissements de la ville. Reconnu comme Scène d’intérêt national par le ministère de la Culture, avec une mention Art, enfance, jeunesse, le Théâtre de la Licorne a souhaité s’adresser directement aux jeunes générations biberonnées au numérique, lors de son ouverture de saison, puisqu’elle a accueilli deux spectacles de la Cie Fheel Concepts, où le spectacle vivant y côtoyait la réalité virtuelle : Hold On et The Ordinary Circus Girl. Deux expériences immersives qui en appellent une autre puisque la Cie Adrien M & Claire B présente En amour, une exploration symbolique des thèmes de l’amour et de la séparation à travers une scénographie conçue autour d’un parcours sensoriel que le public peut expérimenter jusqu’au 5 novembre au Campus Georges Méliès.
Durant le mois d’octobre, c’est avec l’incontournable festival P’tits Cannes à You, adressé aux familles, que la Licorne avait logiquement embrayé: The Amazing Keystone Big Band pour un hommage à Gershwin, Tèmpi Tèmtoa de Barbara Glet et Louis Gaillot, ou encore Vie par Filomène & Compagnie, ont ainsi animé ce début d’automne azuréen (voir La Strada n°370).
Et maintenant ?
C’est vrai ça ! Et maintenant ? Eh bien, au rythme de 2 à 3 rendez-vous par mois, les plus jeunes, comme leurs parents, vont pouvoir entretenir la flamme et l’esprit de ce P’tits Cannes à You annuel, par un mélange des genres réjouissants. Côté danse, avec People what People ? en novembre, la Cie Vilcanota s’intéressera à notre humanité, dans un univers sans machine ni décors et accessoires, où la seule mécanique visible est celle des corps de gens reliés par d’incessantes pulsations, tandis que Les Nouveaux ballets du Nord-pas-de-Calais se chargeront de revisiter un objet du passé : la K7 audio et son langage musical supposé (lecture, pause, avance rapide, etc.), à travers une partition chorégraphique, musicale et plastique. Ça s’appelle Magnéééétique, et ça l’est tout autant que les créations Pode Ser, primé cinq fois à l’international, et C’est toi qu’on adore, programmées en mars. Ces deux formes courtes de spectacle permettront de découvrir les premiers travaux de Leïla Ka, étoile montante de la danse contemporaine, lauréate du prix « révélation chorégraphique » du syndicat de la critique 2022.
C’est monstrueux !
Côté théâtre, le mois de novembre proposera une création poétique, musicale et sans paroles, véritable ode à l’Amour avec un grand A, en compagnie de chérubins masqués aux allures de grandes poupées de chiffon (Cie Marie De Jongh). Début 2025, plusieurs spectacles afficheront le sceau de l’étrange, avec le cycle C’est monstrueux, qui abordera les notions de peur et de différence : du théâtre d’objet avec Frankenstein, revisité par la Cie Karyatides, du théâtre-conférence avec un vrai méchant dans Rencontre avec Michel B. – où l’on ne risque rien, selon la Cie Bob Théâtre ! –, et le récit d’Une vampire au soleil composé par la Cie Le Cri de l’Armoire.
Écritures contemporaines
Si nombres de créations vont chercher leur source dans les contes traditionnels, les Écritures théâtrales contemporaines seront questionnées en avril, avec trois spectacles accompagnés de rencontres et ateliers avec leurs autrices : Mariette Navarro pour Zone à étendre, Claudine Galea pour Noircisse! et Léonore Chaix pour Juste Irena, œuvre finalisée en juin 2023 à la médiathèque Noailles, dans le cadre d’une résidence d’écriture portée par le théâtre de la Licorne. Autre rencontre, celle avec l’une des plus grandes dramaturges jeunesse, Karine Serres, pour L’inouïe nuit de Moune, mis en scène par Alexandra Tobelaim, en décembre.
Double dose de jazz
Parallèlement à cette programmation familiale, la ville de Cannes continue d’explorer la Note Bleue, avec les toujours très attendus Jeudis du Jazz, présentés au Théâtre Alexandre III. La nouvelle saison promet double dose, sous la houlette de Benjamin Brégeaut, « programmateur qui arpente la planète jazz plutôt que le catalogue d’un tourneur et qui est animé d’une curiosité le poussant à être à l’écoute des artistes dont les noms se murmurent chez les passionnés« , indique notre spécialiste Christophe Juan. Ce n’est donc pas un mais deux rendez-vous mensuels qui attendent les amateurs du genre, avec en point d’orgue la soirée du 5 juin 2025, qui célèbrera 10 ans de Jeudis du Jazz, en compagnie du quartet de la harpiste Alina Bzhezhinska, et de Laurent Bardainne et son Tigre d’Eau Douce. En attendant, vous pourrez kiffer les sets de Minino Garay, Oan Kim & The Dirty Jazz, Gauthier Toux, Sylvain Daniel, Djazia Satour, The Buttshakers… Que du bon !
Théâtre de la Licorne & Théâtre Alexandre III, Cannes. Rens: cannes.com
photo : En amour © Adrien M & Claire B