Un match… et une expo au Havre !

Un match… et une expo au Havre !

Les supporters de l’OGC Nice l’ont sans doute déjà coché dans leur agenda, le Gym se déplacera au Havre, le 16 février, pour le match de Ligue 1 contre le HAC. Et si à cette occasion, on mêlait la passion du sport à celle des arts plastiques, en allant faire un tour au Musée d’art Moderne André Malraux (MUMA), second musée impressionniste après Orsay (Paris), pour visiter l’exposition Les Senn, collectionneurs et mécènes ?

Olivier Senn n’était pas artiste, mais négociant en coton et un amateur d’art, principalement impressionniste et post-impressionniste. Il a accumulé une collection tout au long de sa vie, dont sa petite-fille Hélène Senn-Fould a fait don au MUMA en 2004 : 205 œuvres parmi lesquelles des pièces majeures de Courbet, Delacroix, Boudin, Monet, Sisley, Pissarro, Renoir, Degas, Sérusier, Vallotton, Marquet ou Cros. En 2009, elle fait à nouveau preuve de générosité en offrant la collection de son père Édouard Senn, comprenant 67 œuvres, dont une aquarelle de Pablo Picasso et une peinture magistrale de Nicolas de Staël. Enfin, en 2014, 17 nouveaux tableaux, provenant de la collection d’Olivier Senn, rejoindront encore le MUMA grâce à la générosité de son petit-fils par alliance, Pierre-Maurice Mathey.

L’exposition Les Senn, collectionneurs et mécènes, visible jusqu’au 23 février 2025, célèbre le 20e anniversaire de la première donation. La collection initiale d’Olivier Senn ayant évolué au fil des ans (dons, prêts, échanges), et grâce aux prêts provenant de collections publiques (Centre Pompidou, musée d’Orsay, Musée des impressionnismes de Giverny…) et privées (dont un rare Giorgio De Chirico, La Tour rouge, aujourd’hui conservé à la Peggy Guggenheim Collection de Venise), l’exposition réunit certains chefs-d’œuvre de la collection originale.

Le travail mené pendant la préparation de l’exposition a permis d’identifier près de 250 nouvelles œuvres qui correspondent essentiellement à la part héritée par sa fille Alice, mais également à des œuvres vendues ou offertes par la famille, et de découvrir de nombreux artistes aujourd’hui absents des collections du MUMA tels Henri Manguin, Diego Rivera, Paul-Alex Deschmaker ou Alfred Stevens.  L’exposition réunit finalement près de 280 œuvres brossant un panorama de plus d’un siècle d’histoire de l’art.

L’exposition permet dans l’intimité de la famille Senn et de comprendre, à travers une véritable galerie de portraits et de photos, les liens qui unissaient les familles Siegfried, Senn et Rufenacht, et d’avoir accès à des archives comme une facture d’achat d’un tableau de Renoir.

Une fois la visite terminée, n’hésitez pas à poursuivre avec un passage en revue des collections permanentes du MUMA. Inauguré en 1961, il est réputé pour ses collections de la fin du XIXe et du XXe siècle (œuvres impressionnistes et fauves, fonds d’atelier de Boudin, legs de Marande) dans une ville qui a vu naître ou grandir des artistes tels Monet, Dubuffet, Friesz, Dufy et Braque.

Certes, il faut traverser la France. Mais pourquoi ne pas profiter des vacances de février pour une escale normande, et compléter la balade par une visite juste « de l’autre côté de l’eau » à Honfleur, avec sa cinquantaine de galeries d’art, ainsi qu’à Rouen ? Et bien sûr venir soutenir l’OGC Nice !

Jusqu’au 23 février, Musée d’art Moderne André Malraux (MUMA), Le Havre. Rens: muma-lehavre.fr

photo : vue de l’exposition avec, au centre, le tableau de Giorgio De Chirico, La Tour Rouge (1913 © Peggy Guggenheim) © Laurent Lachevre