Intelligence humaine ou artificielle ?

Intelligence humaine ou artificielle ?

Pour sa première édition, le FOMO Festival ambitionne de démocratiser l’art numérique et d’en révéler ses facettes les plus novatrices, notamment l’intelligence artificielle (IA), qui façonne déjà notre présent. Au cœur de nombreuses polémiques, cette technologie reste aujourd’hui compliquée à appréhender pour le grand public. Le FOMO offre donc l’occasion de la découvrir à travers la création, avec une exposition, des ateliers, des conférences… et une soirée festive.

Programmé par le Conseil Départemental du Var, au sein du majestueux Atrium de l’Hôtel départemental à Toulon, et organisé en collaboration avec GM Assso, collectif de passionnés d’art et de nouvelles technologies, le FOMO Festival ne se veut pas seulement un événement : c’est une invitation à questionner, expérimenter et s’inspirer des transformations de l’art à l’ère numérique. L’expertise des artistes, chercheurs et professionnels œuvrant au croisement de l’art et de la technologie pourrait ainsi permettre de mieux comprendre le potentiel de l’IA, mais aussi ses limites et ses implications.

Questionner l’IA dans la création

À l’ère du numérique donc, l’art se transforme et se redéfinit sous l’impact des algorithmes, des réseaux neuronaux et des machines apprenantes. L’intelligence artificielle, omniprésente dans nos quotidiens, s’invite aussi dans les espaces de création. Mais cette présence soulève autant de promesses que de questions. Peut-on encore parler d’art lorsque les machines créent ? L’artiste devient-il spectateur de ses propres outils ? Les algorithmes se contentent-ils de recombiner ce qui existe déjà ou sont-ils capables d’une forme d’innovation ? Si l’IA peut générer des œuvres visuellement saisissantes, quelle place laisse-t-elle à l’intention, au geste, à l’erreur, à ce qui fait toute la singularité de l’artiste humain ?

Les mouvements sociaux dans le secteur de la culture s’inquiètent d’ailleurs des menaces que l’IA fait peser sur certains métiers : doublage cinéma, composition, rédaction, graphisme… Plus largement, elle soulève aussi des questions de propriété intellectuelle. Le FOMO se propose donc d’ouvrir un espace de réflexion et d’expérimentation où le public est invité à interroger les enjeux de la relation entre création artistique et technologie.

Une journée pour les scolaires

À l’instar de la Fête du Livre du Var, la journée du vendredi sera dédiée aux collégiens du département, qui participeront à des ateliers interactifs pour explorer les différentes facettes créatives de l’intelligence artificielle. Un premier atelier, animé par le Collectif Obvious, reconnu pour ses œuvres créées à partir d’algorithmes, leur permettra de découvrir les bases de l’IA. Un deuxième, en collaboration avec la société MP360, plongera les élèves dans l’univers de la composition musicale assistée par intelligence artificielle. Enfin, un dernier atelier permettra aux élèves de déambuler à travers une exposition d’art numérique et d’interagir avec les œuvres, leur offrant ainsi une expérience immersive et pédagogique.

Cette exposition dévoilera les travaux du Collectif Obvious, mais aussi ceux de Fanny Jarnot alias Liski, Titouan Makeeff, Cami alias Chochinbi, une jeune diplômée de l’École Supérieure d’Art et de Design de Toulon, du Collectif LA, de Dimitri Daniloff, pionnier de l’imagerie numérique ayant collaboré avec Daft Punk sur le projet Virtual Girl, ou encore de My Name is Fuzzy, artiste suisse qui mêle installation, vidéo, et technologies contemporaines et rétro, à la croisée entre art contemporain et musique populaire.

Une journée grand public

Le samedi, le festival ouvrira ses portes à tous. La matinée sera consacrée à des conférences réunissant artistes invités, experts et chercheurs, qui échangeront sur les enjeux artistiques, éthiques et sociétaux de l’IA. Le Collectif Obvious proposera notamment une conférence exclusive autour de son œuvre Portal. Pionniers dans leur domaine, ils sont notamment connus pour avoir vendu la première œuvre d’art générée par intelligence artificielle chez Christie’s, marquant un tournant historique dans le monde de l’art et de la technologie.

Un documentaire, Obvious, hackers de l’art, actuellement visible sur myCanal, permettra aussi de mieux comprendre comment l’IA révolutionne le monde de l’art. Pendant un an, une caméra a suivi les efforts du collectif français pour s’imposer dans un milieu qui regarde encore l’intelligence artificielle avec méfiance. Il en résulte un film qui met l’accent sur l’aventure humaine de trois amis devenus les nouveaux empêcheurs de tourner en rond de l’art contemporain.

L’après-midi, des ateliers sur inscription permettront au public de découvrir les outils d’IA, tandis que l’exposition sera accessible en continu de 9h30 à 18h. À noter : toute personne assistant aux conférences ou visitant l’exposition pourra bénéficier d’une entrée gratuite pour la soirée de clôture du festival !

Une clôture électro

Car ce 1er FOMO Festival s’achèvera en musique avec une soirée dédiée à l’électro et aux performances visuelles, en partenariat avec le collectif Ya Degun Festival. Pour cela, direction le Marché Agricole d’Ollioules, renommé pour l’occasion le Tunnel Artistique. Au programme : un live de Ouai Stéphane et des DJ sets de Myle Ren, Single Spark, Sorrentino et La Soya Lessa. Certains d’entre eux exposeront même des œuvres interactives exclusives !

25 & 26 avr, Atrium de l’Hôtel du Conseil Départemental du Var (Toulon) & Tunnel Artistique (Marché Agricole d’Ollioules). Rens: fomofestival.fr

photo : Collectif Obvious © Emma-Jane Browne

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