Cannes fait durer la note… bleue !

Cannes fait durer la note… bleue !

Cela fait 10 ans que les Jeudis du Jazz enjaillent les soirées cannoises. Pour souffler en fanfare ces dix premières années, la ville de Cannes attend les amateurs du genre, le 5 juin prochain à l’espace Miramar où leur sera réservé une soirée riche en surprises.

Depuis leur naissance en 2015, les Jeudis du Jazz ont imposé leur style. D’ailleurs, les habitués reconnaissent volontiers un certain attachement à ce rendez-vous mensuel, à plusieurs titres. Le lieu : le Théâtre Alexandre III, intimiste et chaleureux. L’horaire : 19h, qui permet de ne pas sacrifier une partie de sa nuit et d’assurer au taf le lendemain, avec la banane en prime. Le tarif bien sûr, très accessible. Sans oublier la programmation, assurée par Benjamin Brégeaut, responsable production spectacle vivant à la Direction de la Culture, dont les choix artistiques sont d’une grande finesse. Défricheur, ouvert à tous les courants du jazz actuel, il conçoit des prog’ mêlant artistes internationaux et musiciens prometteurs que l’on découvre souvent sur scène pour la première fois dans la région !

Afin de marquer ce 10e anniversaire — que la ville de Cannes a déjà célébré toute la saison, en proposant deux concerts par mois — l’esprit reste le même. Mais avec quelques surprises, comme le changement de décor : direction l’Espace Miramar, plus spacieux, pour accueillir « fidèles » et curieux. Car au menu, ce sera double plateau : Alina Bzhezhinska Quartet, suivi de Laurent Bardainne & Tigre d’Eau Douce. En entrée, dès 18h, un accueil musical, avec le bar qui va bien (parce que le jazz, ça donne soif !), et une expo photographique rappelant les grands moments de cette jeune aventure jazzistique qui a vu défiler des artistes comme Alfa Mist, Anne Paceo, Jaimie Branch, Antiloops, The Buttshakers, Dock In Absolute, Émile Parisien, et j’en passe… On pourra y découvrir des clichés de Franck Bigoin, alias Franck Delasoul, dont le travail est régulièrement mis en avant dans la chronique L’œil du Live sur le site web de La Strada. Et au dessert, un petit after jusqu’à minuit en compagnie des musiciens ! 

Entre temps, gros kiff musical, avec la harpiste Alina Bzhezhinska, alias AlinaHipHarp, parvenue à créer un son unique grâce ses pédales d’effets, et qui combine aussi bien œuvres originales que reprises en hommage aux pionniers du jazz, du funk et du hip-hop. À ses côtés, une dream team britannique menée par le saxophoniste Tony Kofi, avec une section rythmique assurée par le bassiste Mikele Montolli et le batteur Joel Trime. Du groove, de l’impro et une touche cosmique…

De quoi bien se chauffer avant l’arrivée du fameux Tigre d’Eau Douce de Laurent Bardainne. Ici, on quitte les astres et on s’installe sur une plage de sable fin pour savourer le cocktail ensoleillé préparé par le saxophoniste et claviériste français. Peut-être avez-vous déjà entendu le fabuleux titre d’ouverture du bien nommé album Hymne au soleil, le non moins bien nommé Oh Yeah et son saxo qui te caresse sensuellement les esgourdes. Depuis, le musicien — également fondateur du mythique groupe Poni Hoax, et membre actif du collectif Supersonic de Thomas de Pourquery — a sorti un nouvel opus, Eden Beach Club, annonçant lui aussi la couleur…  Toujours entouré de son fidèle crew : Laetitia N’diaye (chant), Philippe Gleyzes (batterie), Sylvain Daniel (guitare, basse), Arnaud Roulin (claviers), Fabe Bambi Baurel (percussions). Une musique festive, sans costume-cravate mais pas débraillée, idéale pour une soirée destinée à célébrer, se rappeler, et (re)découvrir ce que le jazz a de plus vivant : sa capacité à rassembler !

5 juin, Espace Miramar, Cannes. Rens: cannes.com

photo : Laurent Bardainne © Agnès Dherbeys